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Aurélie Filippetti Ministre de la culture et de la communication

Dans un louable mouvement de lucidité, assorti de courage, la ministre française de la culture Aurélie Filippetti avait pris la décision de ne pas se rendre, le 10 décembre, à l'inauguration de l'institut culturel Google, à Paris.

« Malgré la qualité des projets conduits, je ne veux pas servir de caution à une opération qui ne lève pas un certain nombre de questions que nous avons à traiter avec Google »
, avait expliqué la ministre de la culture .

Elle a cité quatre points de friction pouvant susciter un contentieux: « La question de l'équité fiscale, celle de la protection des données personnelles, celle de la protection de la diversité culturelle et enfin le dossier des droits d'auteurs.

Que n'avait-elle réfléchi au caractère iconoclaste de ce refus? Boycotter Google, Y pensiez-vous?

Le Premier ministre a réagi sans attendre en envoyant la ministre du numérique répondre à l'invitation de Google. Il s'est emmêlé dans des excuses alambiquées à l'égard de cette belle entreprise. On aurait pu croire que Aurélie Filippetti avait refusé de se rendre à une invitation du président de la République, ou du Pape lui-même.

La France reste une carpette à l'égard des géants américains de l'internet, ceci bien que leur rôle comme pourvoyeurs de données personnelles à la NSA et à la CIA ait ému tous les chefs d'Etat soucieux d'un minimum d'indépendance à l'égard de l'Amérique.

Même en Allemagne, qui était depuis la fin de la guerre un des meilleurs représentants en Europe des intérêts américains, les institutions ne s'en laissent plus compter. Relayant Mme Merkel, le parlementaire Hans-Peter Uhl a sèchement déclaré à Washington que l'Allemagne ne pouvait plus tolérer une « occupation numérique » de l'Amérique, succédant à l'occupation militaire. Il a indiqué qu'il souhaitait voir les contrats publics s'adresser dorénavant à des entreprises allemandes du Net, en espérant qu'elles ne seraient pas les pourvoyeuses de portes d'entrée pour la NSA.

Il s'est exprimé plus brutalement que Mme Filippetti (honneur à elle), mais il disait la même chose. Par contre, à ce jour, il n'a pas été désavoué par le gouvernement. Au contraire.

Note
Sur la déclaration de Hans Peter Uhl, voir

http://www.dw.de/uhl-germany-cannot-tolerate-a-digital-occupier/a-17282973

12/12/2013
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Nombre de réaction(s) : 1
Sur le si sympathique Google
12/01/2014 18:40:01 | Par : jpb
Voyez l'article de Marianne
http://www.marianne.net/Google-si-utile-et-si-dangereux_a234974.html
Google ne fait pas seulement de la censure prétendue morale, mais de la concurrence déloyale aux sites de vente en ligne – sans payer d'impôts en France
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