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Liquidation de RIA Novosti . Coup de poignard à l'Eurasie ? à l'EuroBRICS  ?

Une fenêtre qui se ferme. Vladimir Poutine a resserré le contrôle des autorités russes sur la presse en annonçant lundi 9 décembre la dissolution de l'agence de presse RIA-Novosti et son intégration au sein d'une grande structure publique « tournée vers les pays étrangers », baptisée Rossia Segodnia («la Russie Aujourd'hui»).
Ceux qui avaient l'habitude de chercher dans les éditions internationales de RIA-Novosti un regard original, non seulement sur l'évolution de la Russie, mais sur les grandes crises du monde, en seront désormais pour leurs frais. Ils n'entendront sans doute plus, avec sa remplaçante Rossia Segodnia, que la voix du Kremlin, telle qu'aux beaux temps de la guerre froide. Ce n'est pas la personnalité du présentateur Dmitri Kisselev, nommé à la tête de la nouvelle agence, qui les rassurera. Celui-ci, dont le visage est tout un programme, s'est fait connaître pour ses attaques brutales contre l'opposition et (pourquoi pas) les homosexuels.

Un des derniers articles d'un des éditorialistes de RIA Novosti était consacré à l'Année Poutine, présentée comme une suite de succès diplomatiques – comme quoi l'Agence n'étais pas truffée que de détracteurs du pouvoir. Mais sa dissolution termine bien mal cette année Poutine. On pourrait dire que Poutine n'a pas besoin de la propagande américaine pour apparaître comme un ennemi de la liberté d'opinion. Il se suffit à lui-même. Ce dernier coup ne le grandira pas, aux yeux de tous ceux qui consultaient RIA Novosti et ses éditions internationales, tant en Russie que dans le reste du monde, pour trouver d'autres regards que ceux répandu à satiété par les média occidentaux.

Nul n'ignore qu'une des grandes idées de Poutine est de construire un rapprochement quasi civilisationnel entre l'Europe et la Russie, sous le concept d'Eurasie. Il ne pouvait pas faire plus opportun, pour décourager cette idée, que liquider RIA Novosti. Ce sera aussi un rapprochement plus équilibré, entre l'Europe et les pays du BRICS, dénommé euroBRICS et recommandé par un nombre croissant d'Européens, qui en souffrira. La lettre R de BRICS désigne la Russie. Se rapprocher d'un ensemble où la Russie jouerait nécessairement un rôle important, n'offrirait plus rien d'attrayant si celle-ci devient l'ennemi de la liberté d'expression. 

Que ceux des journaliste de RIA-Novosti qui vont se retrouver au chômage, trouvent ici la marque de notre sympathie. Nous les regretterons. Mais le monde du web est assez grand pour que nous les y rencontrions à nouveau, au service de valeurs communes.



10/12/2013
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