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Bioéthique et prévention des menaces

La France va-t-elle continuer à faire cavalier seul?
L'Elysée veut renforcer son contrôle sur les organismes de bioéthique et de prévention des menaces. Le risque de voir la France s'isoler encore plus de ses partenaires européens dans ces domaines scientifiquement et politiquement sensibles ne va-t-il pas augmenter?

Le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie, créé en 1983 par François Mitterand, va être réformé, annonce l'Elysée. Dans le même temps, son président vient d'être remplacé par le professeur Alain Grimfeld. Quand une instance consultative gène le pouvoir, en France comme en Russie, il suffit de changer son président et les membres se tiennent ensuite à carreau. Dans les cas extrêmes, on "réforme" son statut. Chacun comprend alors ce qu'il faudra dire pour complaire au pouvoir. Mais quel était le crime de ce Comité, pourtant connu dans les milieux scientifiques comme particulièrement prudent ces dernières années concernant les sciences de la vie, afin de ne pas heurter de front les "sensibilités" des Eglises. Il aurait, au terme d'une activité ayant produit plus d'une centaine d'avis, émis de fortes réserves sur les tests ADN destinés aux émigrés. Cela aurait suffi pour déclencher la fureur des ayatollahs de l'Elysée. La plus radicale de ces ayatollahs, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy et connue par ailleurs pour sa bienveillance à l'égard des sectes, sera chargée de proposer le nouveau statut. Ceci à quelques mois des prochains Etats Généraux de la bioéthique. Il s'agira d'y parler droit, ne pas évoquer les cellules souches, les recherches sur les embryons et autres sujets qui tiennent au coeur des chercheurs français, mais qui fâchent les conservateurs. 

Dans un autre domaine, aux implications non moins grandes, le criminologue "et consultant en sécurité" Alain Bauer vient de remettre un rapport à l'Elysée et à Matignon visant à créer un Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique chargé d'anticiper sur les risques du bioterrorisme, des accidents technologiques et des crises. Le dispositif assez complexe existant actuellement serait simplifié et ferait entrer des industriels afin de ne pas laisser à des "administratifs" jugés trop mous dans le "décèlement précoce des menaces", un terrain d'action qui prendra de plus en plus d'importance dans les années prochaines. De plus il serait rattaché à l'Elysée et à Matignon, plutôt qu'à l'Intérieur et à la Défense. Nous serons nécessairement prudents dans l'appréciation des menaces et de la façon de les prévenir. Il s'agit d'affaires sérieuses où la France s'est toujours montrée un peu trop confiante ou naïve. Mais l'exemple des Etats-Unis incite à la réserve. L'instrumentalisation des risques, la dramatisation des évènements, la diabolisation des adversaires y a fait, non seulement le jeu des néo-conservateurs les plus faucons, mais des sociétés de sécurité privées qui gagnent aujourd'hui des dizaines de milliards en s'étant substituées aux services officiels - pourtant peu réputés pour leur douceur angélique. Veut-on cela en France?

Veut-on aussi cela en Europe? Dans les deux cas, la bioéthique et la prévention des risques, une étroite coopération devrait déjà être organisée avec les autres pays européens. Chacun sait malheureusement que cela n'est pas le cas en pratique, chacun tirant la couverture à lui. 09/03/08

 
Les notes :
09/03/2008
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