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Qui veut vraiment la « désaméricanisation » du monde?

Nous étions pour notre part persuadés que tous les avertissements abondamment propagés par les institutions politiques et financières américaines relativement à un défaut de paiement des Etats-Unis relevaient de la manipulation.

Il était bien évidemment qu'au dernier moment, par miracle, un accord rapprocherait Démocrates, Républicains et Maison Blanche afin que le Système continue à fonctionner comme il l'a toujours fait. On peut penser que les proclamations du Tea Party faisant suite à cet accord, comme celles émanant des groupes prétendant vouloir faire sécession, ne sont que de facade. Chacun sait bien qu'en dehors de la Fédération et du dollar-roi, il ne resterait pas grand chose de la puissance américaine. La question se pose dans les mêmes termes en Europe, vis-à-vis de ceux qui prétendent vouloir sortir de l'euro.

Ce serait plutôt au « reste du monde » qu'il appartiendrait de vouloir échapper à la domination du dollar. Il semblait ces jours-ci que la Chine devait prendre la tête de ce que ses médias appellent la nécessaire « désaméricanisation du monde ». On a beaucoup commenté une déclaration de l'Agence d'informations Chine Nouvelle Xinhua qui déclarait: « Alors que les hommes politiques américains échouent à trouver un accord viable pour refaire fonctionner normalement les institutions politiques dont ils sont si fiersc'est peut-être le bon moment pour une planète mise en danger de commencer à envisager la construction d'un monde désaméricanisé ».

Chine Nouvelle précisait que « Les économies émergentes doivent avoir davantage leur mot à dire dans les institutions financières internationales  ». Elle évoquait à nouveau la création d'une « nouvelle devise de réserve » pour remplacer le dollar, complétée d'une évolution du Fonds monétaire international (FMI). »

Ceci est bel et bon, mais quand on sait que la Chine est la première détentrice de la dette américaine, avec 1,280 milliards de dollars en bons du Trésor, on peut se demander comment elle fera pour se désengager du piège dans lequel l'a mise son mercantilisme. Il en sera de même des autres membres du BRICS, s'ils ont l'intention de suivre la Chine, comme ce serait indispensable, dans ce désengagement. Il leur faudrait accepter des sacrifices considérables pour reconvertir leurs économies, sur la base d'investissements financés à partir de leurs propres ressources, c'est-à-dire d'économies qu'ils s'imposeraient à eux-mêmes.

Ne parlons pas de l'Europe dont les institutions financières se trouvent très bien de « coller » au dollar et dont la grande ambition est aujourd'hui de signer un contrat géant de libre échange avec l'Amérique du Nord, ceci malgré les conséquences désastreuses qui en résulteraient dans beaucoup de secteurs légitimement protégés.

Aussi attardés en termes de bonne gestion du monde que soient les débats entre Sénat, Chambre des Représentants et Obama, on peut donc penser que les médias atlantistes continueront longtemps à nous accabler de leurs échos, nous empêchant ainsi de réfléchir à nos propres besoins de réforme.

Source http://www.forexlive.com/blog/2013/10/13/editorial-china-xinhua-news-new-reserve-currency-13-october-2013/


20/10/2013
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