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Retour en force du lobby militaro-industriel (MIC) américain

Les renseignements dont on dispose aujourd'hui concernant les sources des affrontements actuels dans le Caucase montrent que depuis plusieurs mois, le MIC et les représentants diplomatiques et militaires qu'il a mis en place en Ukraine et en Géorgie ont tout fait pour réveiller, comme on dit, le géant russe endormi et ressusciter la situation de guerre froide si favorable à leurs intérêts.

On sait que depuis quelques mois, Robert Gates, le secrétaire américain à la défense, réfléchissait avec quelques experts à une diminution des contrats d'équipement lourd consacrés par le Pentagone à l'achat de matériels conventionnels. Le danger n'était plus une guerre à l'Est de l'Europe, telle qu'envisagée du temps de la guerre froide. Gates voulait réorienter les dépenses en vue de la guerre de 4e génération, celle que mènent actuellement les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan. Des équipements plus légers et moins coûteux seraient aussi efficaces, les économies réalisées pouvant par ailleurs alléger l'énorme budget de la défense américain qui pèse lourdement sur l'économie du pays. Comme on le devine, les représentants civils et militaires du MIC faisaient campagne contre ces projets. L'enjeu était d'engager à l'avance la position de l'Administration, afin que le futur président, quel qu'il soit, n'ait pas d'autres solutions que maintenir sinon augmenter le budget du Pentagone.

Nous avons déjà montré que le MIC peut être considéré comme un superorganisme anthropotechnique ayant depuis des décennies sa propre politique de développement, en ignorant les intérêts  d'autres représentants de la société américaine, comme ceux plus généralement de la paix dans le monde. L'histoire depuis la fin de la 2e guerre mondiale  pourrait être interprétée comme résultant en grande partie des stratégies du MIC pour imposer à l'Amérique et aux autres nations ses intérêts industriels, ses buts géopolitiques et ses conceptions idéologiques.

Les renseignements dont on dispose aujourd'hui concernant les sources des affrontements actuels dans le Caucase montrent que depuis plusieurs mois, le MIC et les représentants diplomatiques et militaires qu'il a mis en place en Ukraine et en Géorgie ont tout fait pour réveiller, comme on dit, le géant russe endormi et ressusciter la situation de guerre froide si favorable à leurs intérêts.  Le piège a très bien marché. La Russie y est tombée tête la première en montrant ses muscles. Elle a d'ailleurs son propre MIC qui a du profiter de l'occasion pour reprendre du poids face aux industriels du gaz et du pétrole. L'Otan et même l'Union européenne ont emboîté le pas. Mais l'Union, comme nous l'avons indiqué précédemment, n'en a pas profité pour définir sa propre défense contre d'éventuelles menaces russes. Elle s'est ralliée, via l'Otan, aux intérêts du MIC. Il n'y a plus qu'à généraliser les achats européens de matériels américains des différentes armes pour que l'objectif du MIC soit atteint.

Mais n'est-ce pas en fait le MIC qui se serait piégé lui-même ?  La superpuissance américaine n'est plus ce qu'elle était du temps de la guerre froide. Elle ne peut augmenter sensiblement son budget militaire déjà engagé dans des guerres sans fin au Moyen-Orient et ailleurs. Si elle le faisait, elle devrait emprunter encore plus d'argent auprès des prêteurs internationaux, ce qui accroîtrait  la fragilité du dollar et pourrait même provoquer le crash systémique si redouté des experts. Allons plus loin et suggérons que la Russie, loin d'être tombée naïvement dans le piège tendu par le MIC, avait prévu depuis longtemps de le retourner contre lui. Ses gesticulations militaires, sans vraiment mettre en danger la paix dans le monde, ont l'intérêt de pousser les Américains à réarmer et s'engager dans de nouveaux programmes ruineux comme celui du bouclier anti-missile. Autrement dit, la Russie ferait aux Etats-Unis d'aujourd'hui le même tour joué il y 20 ans par Reagan et ses successeurs : pousser l'adversaire à des dépenses militaires qu'il ne peut payer et qui provoquent sa chute.

L'Union européenne ferait bien d'y réfléchir, afin de cesser de se laisser manipuler par le MIC dans ses relations avec la Russie. Elle serait la première à souffrir des retours de bâton de ces manipulations.  
20/08/2008
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Nombre de réaction(s) : 1
Le CMI ne perd pas de temps
31/08/2008 22:19:09 | Par : Jean-Pierre
Selon Aviation Week & Space Technology du 1er septembre 2008 (cité par Dedefensa)"Finally, Russia's military romp should leave no doubt about the need for weapons modernization. The next time someone questions the rationale for weapons systems that may have no equal currently such as, say, the F-22 or F-35—weapons designed as much to fight the next war as for today's threats—point to the country just east of the Ukraine."
AWST est un des organes du complexe militaro-industriel (CMI), version industries aéronautiques. Autrement dit, il demande d'ajouter quelques centaines de milliards au budget de la Défense, alors que l'on s'interrogeait sur l'intérêt stratégique des programmes cités. Vive Poutine...et l'usage que l'on peut en faire !
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