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Les paradoxes des Big Data

Nous avons précédemment publié des interventions émanant de chercheurs pour qui l'acquisition de connaissances scientifiques ne se résume pas à la collecte de données en masse (big data) interprétées par des algorithmes statistico-probabilistes plus ou moins complexes, dont les utilisateurs se refusent à donner publiquement le détail.

L'étude mentionnée ci-dessous "Three Paradoxes of Big Data" et publiée par le Social Science Research Network, reprend cette discussion en présentant de nouveaux arguments. Selon les auteurs de l'étude, Neil Richards et Jonathan King, des "évangélistes d'une nouvelle espèce" (big data evangelists) prétendent désormais que les décisions provenant de l'exploitation des données en masse sont plus rigoureuses que celles s'inspirant des connaissances traditionnelles. Tous les champs sont couverts, depuis le recrutement des étudiants, la médecine, la sécurité nationale et la lutte contre la criminalité.

Mais les auteurs constatent que l'évocation des promesses liées à ces nouvelles approches ne s'accompagne pas de celle des risques pouvant en découler. Pour combler cette lacune, ils proposent une approche plus critique.

Ils signalent en particulier 3 paradoxes qu'il conviendrait selon eux d'analyser en détail. D'abord, si l'acquisition des données se fait dans tous les domaines imaginables, elle ne tient aucun compte des protections imposées par les obligations légales ou contractuelles de confidentialité. Il s'agit pour eux d'un premier Paradoxe, celui de la transparence . Ensuite, ce que les évangélistes des big data présentent comme des résultats quasiment miraculeux sont produits au détriment des identités individuelles et collectives. Il s'agit d'un second Paradoxe, le paradoxe de l'identité.

En troisième lieu, si comme le veulent ces mêmes évangélistes, les big data ont le pouvoir de transformer la société, cette transformation se fait au seul bénéfice des pouvoirs dominants, Etats et grandes entreprises. Il s'agit du Paradoxe du pouvoir. Il faudra reconnaître ces paradoxes et lutter contre leurs effets négatifs si l'on veut faire de l'exploitation des big data la révolution annoncée.

Optimisme excessif ?


Nous ne pouvons pour notre part qu'approuver cette approche. Mais les auteurs ne pèchent-ils pas par optimisme? Nous avons plusieurs fois indiqué qu'il est nécessaire de disposer de ressources considérables en calculateurs et en logiciels pour recueillir et exploiter des masses de données, en quelque domaine que ce soit. Ce ne seront pas des laboratoires universitaires en mal de crédits qui pourront le faire, moins encore de simples citoyens.

L'expérience actuelle montre que seuls en sont capables, non seulement aux Etats-Unis mais dans le monde entier, des organisation devenues dévorantes telles que la National Security Agency ou Google.

Source
* Three Paradoxes of Big Data
Neil M. Richards Washington University in Saint Louis - School of Law
Jonathan H. King Washington University in Saint Louis
3 septembre 2013
Abstract
http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2325537
Cette page permet de télécharger les 6 pages du rapport entier
01/10/2013
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