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Grande-Bretagne/France: le coût de la non-coopération en aéro-navale.

Il y a quelques années, les experts en matière de défense européenne s'étaient réjouis en voyant se préciser d'intéressantes possibilités pour un programme commun franco-anglais intéressant le développement à frais partagés de porte-aéronefs et d'avions de combat.

Dans la version la plus ambitieuse, la Grande Bretagne aurait pu se doter de deux nouveaux porte-avions réalisés à frais communs avec la France, équipés d'appareils européens dont certains auraient pu être des Rafales. Les deux porte-aéronef, déjà baptisés Queen Elizabeth et Prince of Wales, devaient entrer en service entre 2016 et 2018 dans le cadre d'un programme signé en 2007 pour un budget de $5.7 milliards. Il semble même que des pilotes britanniques aient commencé des entraînements sur Rafale en attendant.

Ceci aurait été trop beau, comme si les perspectives de l'Entente Cordiale avait pu faire oublier au Royaume-Uni sa dépendance à l'égard du complexe militaro-industriel américain. Très vite les Britanniques ont annoncé qu'ils envisageaient d'embarquer non des Rafales marines ou même des Eurofighters européens mais des F35 américains Joint Strike Fighter, sous une version à atterrissage court voire à décollage vertical. Le geste était une marque de confiance sans précédent au bien-fondé du Special Relationship dont le Royaume Uni ne s'est jamais départi à l'égard de l'Amérique, quelles que fussent les pertes d'indépendance en résultant. Ceci à un moment où le Pentagone lui-même est en train de revoir son soutien au programme F35, lequel d'une part n'en finit pas d'aboutir et dont d'autre part les coûts estimés n'arrêtent pas de grimper.

Il semble aujourd'hui cependant que, crise aidant, un retour de raison semble revenir aux décideurs britanniques. Selon un article de Spacewar.com ( http://www.spacewar.com/reports/British_lawmakers_slam_spiraling_costs_of_aircraft_carrier_program_999.html), le comité de la Chanbre des Communes en charge de la révision des comptes (Commons Public Accounts Committee) vient de critiquer sévèrement l'ensemble de ce programme. Non seulement les coûts et délais de production des porte-avions et des aéronefs sont aujourd'hui parfaitement indéfinis, mais un programme complémentaire également indispensable, dit Early warning radar, ne serait pas disponible avant 2020 ou au-delà.

Le ministère de la défense britannique se défend comme il peut vis-à-vis de ces critiques bi-partisanes. Mais il ne convainc personne. Aussi lourde et complexe que soit la coopération entre Etats européens dans le domaine militaire, comme l'a montré l'histoire du transporteur militaire A400M, elle finit cependant par aboutir. Ce ne sera pas le cas de la coopération franco-britannique dans le domaine de l'aéronavale. Ceci en dépit du fait qu'elle concernerait un secteur autrement plus stratégique pour l'indépendance de la défense européenne.

Voir wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Queen_Elizabeth-class_aircraft_carrier

06/09/2013
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