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Le G20 et le silence européen.

Mise à jour au 6 septembre. Compte-tenu de l'incapacité du G20 à adopter une des positions que nous estimions indispensables à la prise internationale de sanction à l'égard de l'auteur présumé des attaques à l'arme chimique, nous ne pouvons ce soir qu'ajouter notre voix à tous ceux qui refuseront l'engagement militaire de la France contre Bashar al Assad, ceci quelle que soit la décision de Washington.

L'absence probable d'une participation cohérente de l'Europe au G20 de St Petersbourg ne fera que confirmer le refus déterminé des puissances européennes à participer non seulement au destin du monde mais au leur propre.

Certes, institutionnellement, le G20 ne constitue pas une instance permettant à l'Europe d'être représentée en tant que telle. Mais les chefs d'Etats constituant une force économique, diplomatique et militaire considérable auraient toutes les occasions de s'y s'exprimer face à ceux qui représentent de fait les pays les plus puissants du monde.

Le 2 septembre, Jean Dominique Giuliani, président de la Fondation Schumann, avait souhaité une intervention européenne en ce sens . « Syrie, pour une initiative européenne http://www.jd-giuliani.eu/. Il proposait en ce sens une réunion du Conseil Européen, destinée à redéfinir les intérêts régionaux et stratégiques de l'Europe au Moyen-Orient, à la lumière de la crise actuelle, qui dépasse très largement le cas syrien. Mais aujourd'hui, il est trop tard pour préparer une position commune susceptible d'être négociée au G20.

Il serait par contre encore tout à fait possible que François Hollande prenne contact d'urgence avec la Chancelière Merkel et le premier ministre britannique Cameron pour proposer au G20 les points suivants, susceptibles de constituer une démarche européenne commune

  • réaffirmer l'opposition systématique de l' Europe à l'emploi par qui que ce soit d'armes chimiques

  • attendre quelques jours encore, comme l'ONU le demande, le diagnostic des experts mandatés par l'organisation pour analyser les responsabilités des attaques survenues en août en Syrie

  • demander au Conseil de Sécurité l'autorisation de sanctions militaires appropriées contre les responsables de ces attaques, si ceux-ci sont clairement mis en évidence par les experts.

  • En cas de non consensus du Conseil de Sécurité à la prise de sanction, décider dans le cadre du Conseil européen de mesures adéquates communes des pays européens. Celles-ci ne devraient pas être subordonnées à ce que déciderait ou non le Congrès américain, dont les intérêts ne recoupent pas nécessairement ceux des européens.

  • L'Europe pourrait parfaitement décider d'associer à ces mesures les autres membres du G20 (BRIC) si la chose paraissait possible. Faute d'accord, vu l'urgence, elle pourrait décider d'intervenir seule.

Ceci veut dire que des décisions de type militaire, prises par la France seule, avec ou sans le soutien américain, auraient été particulièrement improductives. Il semble qu'aujourd'hui le gouvernement français se soit rendu compte du piège dans lequel il s'était engagé. Le G20 pourrait être l'occasion d'un retour au bon sens, permettant à l'Europe de se faire à nouveau entendre.

PS au 04/ 16h

Puis-je préciser à ceux qui voient dans cet article un accord pour une guerre contre Damas, qu'il n'y a là rien de tel. J'ai toujours écrit pour ma petite part qu'aucune décision de type frappe ne pourrait être envisagée avant d'avoir eu le diagnostic des experts de l'ONU, soit encore 3/4 jours à attendre.
En cas de conclusions désignant nettement un responsable, je pense effectivement aujourd'hui que les européens (au moins 3 d'entre eux ) devraient via la France demander au conseil de sécurité d'envisager une sanction (de type frappe limitée) à laquelle ils pourraient participer. Compte tenu des moyens logistiques réduits dont disposent les Européens la mesure serait seulement symbolique, mais pas inutile.
En cas de refus du CS, comme en cas d'incapacité d'expertise provenant de l'ONU, les Européens devraient décider au niveau du Conseil Européen de “mesures adéquates communes”. Cela pour le moment ne veut pas dire grand chose, mais permettrait d'associer la Russie.


04/09/2013
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