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Le général Abdel Fattah al-Sissi

Invité du mois dans cette rubrique, vous n'y pensez pas? Scandale. Epargnez moi les courriers indignés. Je devine déjà leur contenu.
Un général qui prétend ne pas tenir compte d'un vote « démocratique » majoritaire, qui fait tirer sur de pieux manifestants, qui est sans l'avouer aux ordres des Américains et des « sionistes », qui encaisse sans rechigner les financements de l'Arabie saoudite, qui accepterait à l'occasion l'appui de la Russie, qui, qui...

Ma réponse est simple. Pour moi, l'invité du mois est celui qui mérite de faire l'actualité mondiale ce même mois. C'est bien le cas du général Al Sissi, à travers lequel l'Egypte moderne se reconnaît indiscutablement.

Si de plus les raisons que nous pouvons ici avoir de le signaler nous paraissent bonnes, pourquoi ne pas le faire?

Tout général qu'il soit, c'est-à-dire représentant d'une corporation autoritaire qui n'a pas nécessairement bonne réputation chez les consciences occidentales, le général Al Sissi s'est opposé avec succès à la conquête de l'Egypte par une véritable peste brune, la Confrérie des Frères Musulmans. Inutile de revenir sur eux. Nous avons précédemment, ainsi que de nombreux autres chroniqueurs, montré le danger extrême que les Frères, avec leurs divers alliés Salafistes, auraient représenté pour le Moyen-Orient, le Maghreb et l'Europe elle-même, s'ils avaient pris durablement le pouvoir en Egypte.

Ils y étaient résolus, armés abondamment non seulement de versets du Coran mais d'armes multiples récupérées par eux en Libye, Syrie et ailleurs. Le peuple égyptien de la base, loin de les soutenir, avait apparemment compris le danger qu'ils représentaient et n'a pas manqué d'aider les militaires à les combattre. Il en est de même des « progressistes » de Tamarod. Il s'agit bien là d'une démocratie en action qui vaut  celle d'un scrutin qui fut faussé par les financements dits caritatifs des Frères.

Quant à voir dans l'armée et le général Al Sissi des valets des Américains et d'Israël, disons plutôt qu'ils s'arrangent actuellement pour leur tenir la dragée haute, mieux que ne paraissait capable de le faire l'ex-président Morsi. Ce n'est d'ailleurs pas, observons-le en passant, le rôle que cherche à jouer la Turquie actuelle, incapable de s'émanciper de soutiens douteux.

L'Egypte est une grande nation, située à un carrefour géostratégique essentiel. Elle doit savoir négocier un rôle utile au sein des puissances, parmi lesquelles les Etats-Unis, Israël, la Russie et, j'allais dire l'Europe. J'allais dire mais ne le dit pas, car l'Europe en cette affaire semble résolue à perdre définitivement toute influence. Elle ne reviendra sur la scène que lorsque la sécurité du tourisme sera assurée à Gizeh et dans la vallée du Nil.

18/08/2013
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