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Egypte: le jeu quasi-suicidaire des Occidentaux

Bien que ce soit difficile, nous ne nous mettrons pas ici à l'unisson des commentateurs occidentaux, américains comme européens, qui rendent unanimement le gouvernement égyptien actuel responsable du « bain de sang » observé depuis quelques jours en Egypte.

Il est certain que les images des centaines de blessés et de morts circulant dans la presse et les « réseaux sociaux » sont difficilement tolérables, dans un pays traditionnellement plutôt pacifique. Mais faut-il pour autant en imputer la seule responsabilité aux forces de police et de sécurité, comme veulent le faire croire les représentants de la confrérie des Frères Musulmans et les forces politico-religieuses islamiques qui en dehors d'Egypte répercutent leurs arguments.

Une lecture un peu sérieuse des compte-rendus, objectifs ou non, diffusés par les médias internationaux montre en effet que la grande majorité des Frères Musulmans, soutenus par des mouvances djihadistes de plus en plus nombreuses, avaient préparé des manifestations fortement armées destinées à chasser les militaires. Il ne s'agissait pas seulement de faire revenir le président Morphi déchu, mais de rétablir un Etat islamiste, en relation avec d'autres pays sympathisants, qui aurait enterré pour des années toutes velléités d'émancipation, notamment au détriment des libéraux, des femmes et des jeunes gens éduqués. Pour cela, à leurs yeux, la force s'imposait, apparemment sans aucunes limites. Si les plus offensifs des Frères avaient été laissés libres d'agir, on peut penser que des victimes encore plus nombreuses que celles aujourd'hui dénoncées auraient été enregistrées au sein des libéraux et des autres fractions de la population ne se reconnaissant pas dans la Confrérie. Les morts et les destructions ayant frappé les Chrétiens, depuis quelques jours, à l'instigation des islamistes, en donnent une petite image.

Le vice-président Mohammed ElBaradei, dont la démission destinée à condamner les violences est constamment citée, n'a pas dit autre chose dans sa lettre au président.  Les responsables de ce qui arrivent aujourd'hui sont « the preachers of violence and terrorism, the most extremist groups. You will remember what I am telling you ». Il faut être de mauvaise foi pour voir là une condamnation des seuls militaires, et non une condamnation, au moins aussi forte, des « terroristes » islamiques sévissant parmi les pro-Morphi.

On peut se demander dans ces conditions pourquoi les Américains, suivis de leurs « caniches européens », parmi lesquels comme à leur habitude les plus actifs en suivisme se trouvent les Français 1) condamnent-ils les militaires égyptiens avec la virulence actuelle . Ils agissent manifestement à l'encontre de leurs intérêts. Ou pratiquent-ils un jeu de billard à plusieurs bandes, notamment vis-à-vis de la Syrie, de l'Iran et de la Russie, jeu de billard dont ils seraient les seuls à attendre des bénéfices? Retenir cette dernière hypothèse serait pourtant leur prêter beaucoup de subtilités.

Quant au grand allié Israël, qui n'aurait rien de bon à attendre d'un retour des Frères Musulmans, on aime à penser qu'il favorisera le maintien au pouvoir des militaires, les meilleurs garants de la tranquillité de leurs frontières qu'ils puissent trouver.

1). Ce jour 15 août la France, manifestement très inspirée,  demande « l'arrêt immédiat de la répression ». On en rirait presque. Et alors, que se passerait-il en ce cas? De doux djihadistes prendraient-ils la place des militaires?

15/08/2013
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Nombre de réaction(s) : 1
Il n'y a plus d'hommes d'Etat à l'Ouest
16/08/2013 19:29:49 | Par : Georges d'Harcourt
Je partage entièrement votre analyse. A ceci près que je ne crois même pas à l'hypothèse du billard à trois bandes.
Les gouvernants occidentaux n'élaborent plus leur politique étrangère en fonction des rapports de puissance dans telle ou telle région du monde, ni même des intérêts des Etats dont ils ont la charge, encore moins de leurs missions séculaires ou d'enjeux de civilisation, mais en fonction des postures des opinions publiques, c'est à dire de la presse et in fine de ce que quelques centaines de journalistes décrètent être le Bien ou le Mal. A partir de là, il faut complaire à cette opinion publique afin d'en tirer un maigre bénéfice dans les sondages.
En d'autres termes, il n'y a plus beaucoup d'hommes d'Etat dans nos démocraties occidentales.
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