Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Ne prévoyez rien, l'assistant personnel le fera mieux que vous.

Afin de se rendre indispensables au commun des utilisateurs, de grandes sociétés comme Google (Google Now) ainsi que de nombreuses start-up 1) développent désormais des applications relevant de ce que l'on appelle la recherche prédictive


Elles tournent sur ordinateurs portables mais aussi de plus en plus sur téléphones mobiles. Il est prévu de les charger également sur tous les objets connectés de la vie quotidienne. Le but est de suggérer en permanence aux possesseurs de ces matériels les prochains évènements susceptibles de l'intéresser, et surtout les conduites qu'il devrait adopter au mieux de ses besoins.

De tels services, qualifiés d'assistants personnels robotiques, ne sont possibles qu'en scrutant en permanence les comportements des utilisateurs, leurs carnets d'adresses, leurs plannings, leur locations géographiques, le contenu de leurs emails, ainsi que de nombreuses informations plus générales intéressant notamment le lieu où se trouve l'heureux bénéficiaire du service. Ainsi celui-ci peut désormais recevoir sur son téléphone un message d'alerte le prévenant de quitter son domicile plus tôt que d'habitude compte-tenu d'embouteillages susceptibles de le mettre en retard à son rendez-vous. Ceci même si l'utilisateur n'a pas spécialement prévenu l'assistant du fait qu'il devait assister à une réunion, ni du lieu où celle-ci se tenait.

Il s'agit d'une nouvelle génération de services rendu par les moteurs de recherche. L'utilisateur n'a pas besoin de poser de questions (par exemple, concernant l'état du trafic sur son itinéraire). Les questions sont posées automatiquement par le simple fait que le moteur connait tout ou pratiquement tout de l'utilisateur et de ses activités. Il est donc à même de suggérer en permanence les questions que celui-ci devrait se poser, s'il était bien organisé.

Un tel mécanisme ne peut fonctionner, dira-t-on, que si l'utilisateur fournit et actualise en permanence les données personnelles (ou non personnelles) le concernant. Mais il le fait dès qu'il dépose, où que ce soit, des « traces numériques » de son activité. Celles-ci proviennent des courriers électroniques, plannings, fichiers divers numérisés par chacun d'entre nous. La personne concernée n'aura pas besoin de les mettre en concordance sémantique, si l'on peut dire. Ce sera l'assistant personnel qui le fera, en naviguant en permanence dans les différents sites et fichiers, fussent-ils dispersés, tenus à jour sur le web par elle. Les utilisateurs de Google Glass, que nous avons évoqués dans des articles précédents, seront les plus productifs dans la multiplication des traces électroniques les concernant, sans même généralement s'en rendre compte, au moins initialement.

Que voilà un progrès remarquable, se réjouissent les promoteurs de ces systèmes, Google en tête. Chacun a désormais le droit de ne pas se poser de questions sur son avenir proche ou lointain, afin d'y trouver lui-même des réponses: à quelle heure se lever, quel train prendre, comment se vêtir? L'assistant personnel se posera toutes ces questions à votre place, et fournit les réponses appropriées, de telle sorte que vous n'avez plus qu'à obéir docilement aux suggestions amicales (pour ne pas parler d'ordres impératifs) les mieux à même de vous satisfaire à l'insu de votre plein gré (selon l'immortelle formule d'un grand champion cycliste).

Certains esprits contrariants parleront de risques d'atteintes à la vie privée – d'autant plus que l'assistant peut fournir des informations vous concernant à des personnes, entreprises ou autorités que vous n'aviez aucunement le désir de tenir au courant. Mais qu'à cela ne tienne, répondra-t-on. Il suffit de ne rien écrire sur support électronique, et de ne communiquer avec l'extérieur que par des messages cryptés.

Les promoteurs des assistants personnels ne disent évidemment pas que ce ne sont pas seulement des informations anodines qui sont prélevées, analysées et diffusées par les nouvelles générations de moteur. Ce sont surtout des données en masse (big data) de grand prix, intéressant les activités économiques, la recherche scientifique ou la vie administrative et politique d'un pays.

1) A ce jour, on peut citer Cue, reQall, Donna, Tempo AI, MindMeld et Evernote

Pour en savoir plus
Voir par exemple, parmi les nombreux articles disponibles, de Megan Marrs
Predictive Search: Is This the Future or the End of Search?



30/07/2013
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire