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Jean-Claude Juncker ne fait pas jurisprudence en Europe

Les défenseurs des droits en Europe se sont félicités de la démission de Jean-Claude Juncker, Premier ministre, survenue à la suite de révélations relatives à des pratiques illégales menées par le SREL, service de renseignement luxembourgeois.

Selon les informations données, ces pratiques résultaient d'un manque de contrôle du Premier ministre sur le service: écoutes illégales, missions effectuées hors de tout cadre juridique, tentative de corruption, fichage d'élus et d'organisations, accumulation d'informations sur des citoyens politiquement engagés.

Il est évident que de telles façons de faire  sont incompatibles avec la démocratie telle que garantie par divers textes constitutionnels et législatifs. Mais que ne faudrait-il pas dire de l'espionnage massif mené, à l'instigation de la NSA, sur les citoyens européens, avec l'acceptation tacite des chefs d'Etat et de gouvernement. Or aucun de ces dirigeants n'ont envisagé la moindre démission à la suite des révélations de l'affaire PRISM-Snowden.

L'attitude d'Angela Merkel à cette occasion fut révélatrice. Après avoir formellement protesté, en menaçant que « l'on n'en resterait pas là », elle est rentrée dans le rang. Elle a rappelé que les Etats-Unis sont des alliés historiques de l'Allemagne, et que la lutte contre le terrorisme, menée par la NSA, supposait bien quelques sacrifices. Quant à François Hollande, après une première protestation, il n'a plus rien dit non plus. Le président du Parlement Européen adoptera la même prudence, comme tous les responsables européens. Tout ceci s'explique quand on apprend que les services secrets européens sont tous des correspondants de la NSA, correspondants d'ailleurs de seconde zone (third class partners), dans la mesure où leur rôle est d'abord de faciliter l'accès des grandes oreilles américaines aux données privées européennes.

La lutte contre le terrorisme a bon dos...sachant qu'il est toujours possible à tel ou tel des services américains de monter un attentat permettant de resserrer les rangs. Les braves citoyens européens, pour leur part, constatent et parfois déplorent des milliers de morts sur la route mais ne demandent pas pour autant à la police de la route américaine de venir limiter la vitesse. Pourquoi alors démissionner devant la NSA, la CIA et les autres US agences.

Le journaliste d'investigation Patrick Henningsen, fondateur du 21stCentury Wire.com vient de publier un article (repris par Russia Today, cf lien ci-dessous) dans lequel il met en garde contre la mise en place de ce qu'il appelle un fascisme global. Nous ne parlerions pas pour notre part de fascisme mais de dictature, au service de la domination des intérêts politiques, économiques et numériques américains. Devant ces intérêts, fascinés par l'Internet et la culture américaine, les Européens dans leur ensemble ont capitulé. Est-il encore possible de réagir ? Ce serait aux jeunes générations de le faire en priorité. Mais pour le moment, elles ne semblent pas en prendre le chemin.


http://rt.com/op-edge/nsa-network-global-fascism-167/




17/07/2013
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