Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Ecrans noirs en Grèce. A quand les colonels?

On ne peut pas trouver mesure plus emblématique que celle décidée par le gouvernement de coalition en Grèce le 11 juin, fermer le rediffuseur public ERT Ellinikí Radiofonía Tileórasi. Les forces de l'ordre sont intervenues pour couper les trois chaines et le pays, depuis mardi 23h est désormais sans télévision publique. Une première en Europe. Mais emblématique de quoi ?


L'annonce a été faite alors que les membres de la Troïka européenne examinaient les mesures de réduction de dépenses engagées par le gouvernement. Parmi celles-ci, la suppression de nombreux services publics et une importante réduction du nombre des fonctionnaires devaient être décidées. Le gouvernement Samarà a-t-il voulu par ce geste caricaturer les exigences de l'Europe, dresser les syndicats et la population contre celles-ci et obtenir des mesures moins radicales? On peut en douter. Ce ne serait pas dans la manière des Conservateurs qui dans le fond, approuvent les mesures de restructuration du secteur public imposées à la Grèce. D'ailleurs, pour remplacer l'ERT, ils font valoir l'inefficacité et l'absentéisme des personnels. Or si ceux-ci ne sont pas toujours exemplaires, ils sont au moins aussi efficaces que dans d'autres pays européens.

La population et la gauche, pour ce qui les concernent, voient dans cette mesure le début d'un processus destiné à les priver des formes d'expression démocratique susceptibles de gêner l'établissement d'un régime bien plus autoritaire, sur le modèle de celui des Colonels, dont la Grèce est loin de s'être débarrassée. Il suffit d'entendre l'Aube Dorée, la droite de la droite, ou des personnages parlant au nom des armateurs (comme le 11 juin sur la 2e chaine française) pour comprendre qu'une influente couche sociale, soutenue par l'Eglise orthodoxe, rêve d'un retour à l'autoritarisme. Seule façon, prétendent-ils, de remettre au travail des foules de paresseux et de profiteurs.

L'Union européenne, la gauche en France, par la voix de la ministre de la Culture, ont protesté. Mais avec quelle sincérité? Certains observateurs pensent qu'en France notamment, après des élections locales prédites comme désastreuses, le PS se rapprochera de l'UMP, afin de former un gouvernement d'union nationale. Celui-ci, pour ne pas laisser trop de terrain à l'extrême droite, devrait alors renforcer les mesures de privatisation et de libéralisation déjà en cours. Comme de telles mesures feraient encore reculer les perspectives de redressement, les syndicats et les électeurs se mobiliseraient. La fermeture de ces tribunes d'opposition que deviendraient alors les médias publics s'imposerait. Exactement comme en Grèce, s'il s'avérait que l'opposition actuelle à la suppression de l'ERT faisait long feu.

12/06/2013
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire