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Algorithmes prédateurs, algorithmes assassins

De quoi s'agit-il? Les groupes humains, entreprises, associations, mouvements politiques et religieux, recrutent dorénavant l'essentiel de leurs nouveaux membres actifs à travers les réseaux numériques. Ils mettent en place des serveurs où ils exposent leurs idées et programmes. Les internautes sont appelés à soutenir ces propositions (Cf. le désormais célèbre bouton « J'aime ») et recruter à leur tour de nouveaux activistes. Les serveurs, représentant les intérêts du groupe, peuvent ainsi se développer indéfiniment. Très bien, dira-t-on, il s'agit d'une forme de démocratie moderne.

 

Sauf que les serveurs, et les groupes qui les inspirent, se développeront d'autant mieux qu'ils feront appel à des pulsions primaires pouvant venir en contradiction directe avec les intérêts de survie du groupe. Le message en forme d'algorithme qui établit une égalité, dans l'esprit des individus, notamment des enfants, à travers les aires neuronales dites de récompense, entre le tabac et le plaisir, sur le mode « fumer égal (=) plaisir » contribue à raccourcir de 10 ans au moins la vie de ces enfants – sans mentionner les dépenses collatérales. Le message qui établit une égalité entre « nouvelle voiture = nouvel idéal de vie » ne contribue en rien à la diminution du nombre des accidents de la route ni des modes de consommation-gaspillage.

Il y a bien pire. Le message qui établit une égalité, dans l'esprit de certains croyants, à travers les aires neuronales stimulant le rejet et la haine de l'autre, entre le message « tuer un incroyant = gagner le paradis » finit par trouver des cerveaux à travers lesquels il déclenchera des attentats homicides, tels que les trois derniers meurtres de militaires en France et Grande Bretagne.

Les réseaux numériques ne se bornent pas à la multiplication de tels messages par Internet, sous forme d'images, de slogans et de blogs. Ils entretiennent désormais une publicité en ligne, relayée par la télévision, à laquelle nul ne peut désormais prétendre échapper. La multiplication des écrans commerciaux est devenue une véritable pollution. C'est elle, payée par les annonceurs, qui fait la fortune des grands serveurs, tels que Google, My Face ou You Tube. Les individus naîfs font leur fortune. Comme l'a reconnu courageusement Jaron Lanier, en désavouant sa jeunesse passée à mettre en place de telles activités, ils leur confient désormais toutes les informations les concernant.

Parallèlement, les réseaux télévisuels et numériques qui relaient en boucle les scènes d'attentat, contribuent à la multiplication de ce que l'on nomme des « mèmes » comportementaux, autrement dit des messages vivant leur propre vie dans les cerveaux et y proliférant tels, selon le terme de Brodie, des virus de l'esprit. Ces mèmes ne contaminent pas tous les esprits, heureusement. Chez la plupart des personnes, ils rencontrent des résistances immunitaires. Mais il suffit qu'un ou deux cerveaux sur des millions soit contaminés pour que les sociétés apparemment les plus solides finissent par s'effondrer.

Que faire alors contre ces algorithmes prédateurs ou assassins, qui prolifèrent à travers les réseaux numériques. Laissons pour le moment ici la question sans réponse.


01/06/2013
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