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Obama dans la tourmente: une affaire des fadettes à la puissance 10

Les difficultés s'accumulent au détriment d'Obama

Le parquet de Paris a requis, lundi 13 mai, le renvoi en correctionnelle de Bernard Squarcini, l'ancien directeur central du renseignement intérieur (DCRI), pour avoir fait analyser les factures téléphoniques détaillées – les fadettes – d'un journaliste du
Monde, dans l'affaire Bettencourt. Au terme d'un réquisitoire définitif assez sévère, Annabelle Philippe, la responsable de la section presse du parquet de Paris, a estimé que l'ancien patron du renseignement devait bien être jugé pour "collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite", un délit passible de cinq ans de prison et 300 000 euros d'amende.

Or, curieuse coïncidence, deux jours après, c'est-à-dire le 15 mai, une affaire renouvelée des fadettes du Monde secoue l'administration Obama. L'Associated Press vient de révéler que le FBI, sur mandat du ministre de la Justice Holder, a illégalement écouté les communications d'au moins une vingtaine de ses journalistes pendant les mois d'avril-juin 2012, à la suite d'un reportage sur l'action de la CIA au Yemen au printemps 2012. Le Premier Amendement garantissant la liberté de la presse, et donc le secret des activités d'enquête des journalistes et de leurs informateurs, cette opération de basse police, conduite auprès des opérateurs téléphoniques, suscite une indignation générale.

Barack Obama fait comme s'il n'avait pas été informé, mais personne ne le croit. Personne ne croit davantage que l'enquête de l'AP et les propos de leurs sources (whistleblowers) aient pu mettre d'une façon quelconque en danger la sécurité publique. On attribue l'espionnage des journalistes à la volonté de la Maison Blanche de brider la presse. Celle-ci pourtant, notamment l'AP , est davantage considérée comme au service du Système  que comme fourmillant d'opposants au pouvoir fédéral.

Cette affaire s'ajoute à différents scandales qui ternissent encore plus la réputation d'Obama: après les affaire troubles de l'ambassade US à Benghazi et de l'attentat de Boston, la révélation il y a quelques jours des enquêtes menées par l'Internal Revenue Service (fiscalité fédérale) visant à faire apparaître des fraudes fiscales ayant bénéficié à des officines du parti républicain plonge la Maison Blanche dans un grand embarras. Les plus radicaux des opposants en viennent à dire qu'Obama se révèle pire que Nixon.

Nos amis de Médiapart en tireront pour leur part le sentiment réconfortant que le rôle de la presse d'investigation, dont ils sont devenus des représentants emblématiques, devrait voir, tant aux Etats-Unis qu'en Europe, sa légitimité confirmée.


Voir un bon article du Guardian sur cette affaire
http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2013/may/14/justice-department-ap-phone-records-whistleblowers

16/05/2013
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