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Politiques industrielles de défense

Un rapport de la Cour des comptes française (*) qui vient de paraître précise la situation de l'Etat actionnaire d'entreprises industrielles de défense. Ceci devrait concerner l'Europe dans son ensemble
Une partie de la conclusion  parait résumer l'essentiel de la situation  :

Dans un  vaste mouvement de balancier de plus d'un demi-siècle, quatre tendances générales (toutes négatives) se dégagent aujourd'hui concernant l'action de l'État actionnaire des principaux groupes industriels de défense français :

− l'État s'est mis en risque de perdre le contrôle de certaines activités industrielles nationales d'armement ;

− il s'est laissé diluer sans toujours obtenir en échange des contreparties équivalentes ;

− il n'est pas toujours parvenu à arbitrer entre des intérêts parfois contradictoires ;

− il est parfois incapable de faire appliquer ses décisions par les responsables des entreprises qu'il contrôle.

L'État s'est donc mis en risque de perdre le contrôle d'activités qui sont au cœur de la défense nationale

Pour y remédier, dans la mesure où l'État est un des actionnaires principaux des entreprises concernées, la Cour estime qu'il
doit continuer d'améliorer les moyens d'exercer pleinement ses prérogatives en mettant l'accent sur deux axes.

- Le premier est la définition d'une stratégie de long terme dans laquelle inscrire l'avenir de nos entreprises de défense.

Le second est la coordination renforcée entre ses propres services, notamment la direction générale de l'armement (DGA) et l'agence des
participations de l'État (APE), afin qu'ils expriment la même position.

Observations

Les recommandations de la Cour relèvent du simple bon sens. Mais aujourd'hui, avec le pouvoir de décision reconnu quasi exclusivement à des
actionnaires privés, cela ressemble à un voeu pieux. Le concept de stratégie à long terme ne tient plus face aux impératifs de la recherche du profit à court terme.

On peut ajouter  qu'il ne faudrait pas considérer les entreprises de défense comme constituant un monde à part. Selon ce que dit bien le concept de technologies duales, totalement exploité depuis des décennies par les USA, ce qui sert à la défense sert aussi au reste de l'économie. Prétendre comme certains à gauche que les industries de défense ne servent à rien condamne beaucoup de possibilités d'investissements technologiques avancés. Se gausser du récent échec d'un lanceur balistique français relève de l'irresponsabilité totale.

C'est d'ailleurs un problème pour la recherche européenne (communautaire) qui par définition exclut toutes recherches en matière d'industries de
défense. Elle manque de la plupart des incitations qui dans le reste du monde font marcher la recherche/développement.

Un point supplémentaire est à évoquer, celui du spatial. Celui ci relève en Europe essentiellement de l'Esa et marginalement de certains Etats (les agences spatiales nationales). Elles sont donc principalement civiles. Or chacun sait qu'aux USA, en Russie et dorénavant en Chine, la recherche spatiale civile est profondément imbriquée avec  la recherche militaire. Le dernier Monde diplomatique a publié ce mois ci un article révélateur concernant la Chine.

(*) www.ccomptes.fr/index.php/content/download/54833/1434626/version/1/file/rapport_thematique_Etat_actionnaire_industries_armement.pdf



08/05/2013
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