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L'Europe doit refuser de négocier le "Grand marché transatlantique"

Nous reprenons ici à titre exceptionnel, quelques extraits d'un débat publié par Médiapart (accessible seulement aux heureux abonnés que nous sommes et que nous vous conseillons de devenir) concernant le piège pour l'Europe que représente le projet de "grand marché transatlantique" imposé par les Américains. Lire le texte entier à http://www.mediapart.fr/journal/international/240413/des-eurodeputes-exhortent-le-gouvernement-francais-bloquer-les-negociations-avec-les-etats-unis-ca

Jean-Luc Mélenchon : « C'est la réalisation du “choc des civilisations” »

Nicole Bricq défend l'objectif de l'accord, tout en posant une série de « lignes rouges » pour la négociation. Qu'en pensez-vous ?

Le point de départ, ce n'est pas Nicole Bricq. Cela fait dix ans que cet accord se prépare. À l'origine, cela devait aboutir dès 2015. Et personne n'en parlait. Ce qui a changé, c'est que Barack Obama l'a évoqué, au début de son deuxième mandat. ... Dans la foulée, Angela Merkel et José Manuel Barroso  ont expliqué qu'ils trouvaient cela très bien. Ce grand marché transatlantique est l'aboutissement de la stratégie de dérégulation généralisée voulue par les Nord-Américains.

Que pensez-vous de la stratégie française ?

Il n'y aura pas de résistance côté français. Ils sont impliqués dans les négociations depuis dix ans, et les sociaux-démocrates ont toujours voté pour. Y compris des élus comme Benoît Hamon qui, lorsqu'il était eurodéputé, a voté pour une résolution sur le sujet. .....

Plus d'espace européen ?

Si l'on ouvre l'Europe de tous les côtés, et si l'on crée ce marché transatlantique, l'Europe se dilue. On va former une grande zone économique où le dollar sera dominant. ....

Des défenseurs du projet, côté européen, disent que l'accord, bien négocié, sera l'occasion de relever les standards mondiaux en matière de commerce – une forme de libéralisation par le haut. 

Je n'y crois absolument pas. Ce sera conforme à tout ce que les Nord-Américains ont pratiqué depuis vingt ans. .... Regardez ce que les États-Unis ont fait avec le Canada et le Mexique, quand ils ont fait l'Alena.Dans la discussion, il y avait une liste de 300 produits protégés : les leurs. Et tous les autres produits étaient dérégulés : ceux des autres.

Les Français  du commissaire européen au commerce, qu'il précise que l'exception culturelle sera protégée dans les négociations.

Admettons ! Alors maintenant, il faudrait être content de ne pas se faire dépouiller de tout. ... Ces solfériniens sont de petits gamins qui ne comprennent rien à la géopolitique. Ils font preuve d'un atlantisme pavlovien. ....

Si vous étiez au pouvoir, que feriez-vous ?

Je bloquerais l'ouverture des négociations. Mais je ferais cela poliment. J'expliquerais à l'Europe qu'il faut encore discuter longtemps, pendant deux ans, trois ans, de la définition du mandat des négociations. Et je soumettrais le sujet au vote : au parlement, et pourquoi pas en organisant un référendum populaire.

Yannick Jadot : « Le gouvernement français n'a pas saisi les enjeux du texte »

La stratégie française vous convainc ?

Non. ....On dirait déjà la position frileuse d'un petit pays de l'Union. Nous avons déjà eu le cas d'une France qui, sur le budget européen, a réduit son ambition à la défense de la politique agricole commune. Et maintenant, dire : « Ne vous inquiétez pas, on se battra sur l'exception culturelle », ne me paraît pas à la hauteur des enjeux.

L'exception culturelle importe peu ?

Bien sûr que je soutiens l'exception culturelle, qui est extrêmement importante pour la culture. Mais c'est une partie marginale de cet accord. Le gouvernement n'a pas saisi les enjeux. Il ne dit rien sur la manière dont on modernise l'économie européenne, dont on définit une politique industrielle ambitieuse, dont on se dote d'outils commerciaux à la hauteur de la situation. On est donc très mal partis dans la négociation avec les Américains.

Concrètement, quels dossiers voulez-vous ajouter à la négociation ?

Mais je ne crois pas qu'il faille négocier avec les Américains pour l'instant. S'engager aujourd'hui dans une négociation avec les États-Unis, alors qu'eux ont clairement une politique commerciale, qui soutient leur politique industrielle, et qui sert aussi leur politique agricole, tandis qu'en face, l'Europe croit uniquement dans les vertus du libre-échange, ce n'est pas dans le bon ordre des choses.

.....

Vous voulez que Paris bloque les négociations, même si les 26 autres États membres y sont favorables, ou vous réclamez davantage de temps pour préciser le mandat des négociations ?

La hiérarchie, c'est d'abord de construire une politique industrielle pour l'Europe, et ensuite seulement, on sera en capacité de négocier avec les Américains sur les normes.

....Si la négociation avec les États-Unis arrive à son terme, ce sera l'extension du modèle américain de société. Ce sera clairement une défaite pour l'Europe. 

Des défenseurs de l'accord y voient une manière d'harmoniser par le haut les standards internationaux, notamment en matière de normes sociales. 

Je n'y crois pas une seconde. Je ne crois pas à une harmonisation par le haut, quand j'entends la commission aujourd'hui. ....Pour sortir de la crise, qui est une crise du néolibéralisme, on nous propose davantage de néolibéralisme

25/04/2013
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