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Les ennemis de l'intérieur

L'attentat ayant frappé le Marathon de Boston illustre un fait désormais reconnu par les services et les juges anti-terroristes: de plus en plus d'individus se sont préparés à tuer le plus grand nombre possible de personnes prises au hasard dans la société. On peut désormais considérer qu'il s'agit d'ennemis de l'intérieur, ne se révélant que lors de leur passage à l'acte. Leur nombre croissant rend de plus en plus difficiles des politiques de prévention conduites dans le respect des droits individuels.

Le phénomène des attentats n'est pas nouveau. Certains considèrent qu'ils font partie de la guerre dite de 4e génération, dite du faible au fort. Mais aujourd'hui la menace qu'ils représentent devrait relever d'analyses un peu plus affinées.

A priori, en excluant tout ce qui découle des conflits au Moyen Orient générés par la question palestinienne et les affrontements chiites/sunnites, que peut-on dire aujourd'hui de tels actes ?

  • Ils proviennent essentiellement d'individus se revendiquant de l'Islam, quelle que soit leurs origines ethniques. Ceux-ci restent à peu près discrets jusqu'à leur passage à l'acte.

  • Ils s'inscrivent dans une guerre dite sainte (djihad) que mènerait la religion islamique contre les autres religions et les pays « mécréants ».

  • Ils sont pour l'essentiel le fait de jeunes gens à peu près intégrés socialement, mais poussés au radicalisme extrême, allant jusqu'au sacrifice de leur vie, par des hiérarchies religieuses transfrontières difficiles à identifier mais puissantes.

  • Ils touchent essentiellement les pays occidentaux, Etats-Unis et Europe, où l'islam est encore minoritaire.

  • Le constater ne relève pas d'une obsession anti-islam. Les musulmans pacifiques sont eux-mêmes partout les victimes de tels fanatismes. Ceci rend encore plus difficile leur intégration.

  • La dynamite potentielle que représente des individus prêts à passer à l'acte risque en permanence d'être utilisée par des oppositions politiques non religieuses internes aux pays occidentaux et n'hésitant pas à recourir à la violence. Une telle situation donne largement matière aux soupçons, fondés ou non, de conspirationnisme.

Ajoutons pour notre part que ces attentats relèvent d'une nouvelle forme de ce que nous appelons les systèmes anthropotechniques. Des structures ou super-organismes se créent qui associent des humains socialement déséquilibrés et devenus prédateurs avec des technologies de plus en plus foisonnantes et incontrôlables: radio, télévision, internet. Les différents acteurs au sein de ces structures se nourrissent et se renforcent réciproquement.

L'avenir de nos régimes, se voulant encore démocratiques, féministes et laïques, apparaît sombre. Ils sont de plus en plus pénétrés par les représentants d'une religion de combat, suscitant eux-mêmes des réactions violentes de divers milieux traditionalistes. Par ailleurs, étant incapables de censurer les médias électroniques (bonne chose diront à juste titre certains) ils fournissent aux terroristes le carburant dont ils ont besoin pour la propagation des incendies.

21/04/2013
Vos réactions
Dernières réactions
Nombre de réaction(s) : 2
Ne pas tout confondre
22/04/2013 17:42:06 | Par : Jean Charles
On a objecté que les dernières fusillades aux Etats-Unis (ou en Norvège) provenaient de "blancs chrétiens". C'est vrai. Mais si le djihad intérieur se développe, il fera beaucoup plus de victimes.

Islamistes manipulés
22/04/2013 22:16:06 | Par : Eric
Vous avez raison d'écrire que les islamistes naïfs candidats au jihad de l'intérieur des pays occidentaux sont facilement manipulables par les services secrets de ces pays montant de mauvais coups. Cela semble avoir été le cas des deux frères tchetchens à Boston
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