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Croyances et athéisme

L'athée pourrait se sentir bien seul sur la Terre, quand il regarde les millions de personnes se prosterner à l'annonce de l'élection d'un nouveau pape, quand il entend en réplique les représentants d'autres religions proclamer que celles-ci seules détiennent la vérité. L'islam est de celles qui vont le plus loin en ce sens. Ses textes affirment que ceux qui ne croient pas à leur vérité n'ont pas leur place sur cette même Terre et méritent la mort.

 

Mais qu'est-ce exactement qu'être athée? Est-ce ne croire à rien? L'athée, dans la définition courante du terme, ne croit pas à l'existence d'entités extra-matérielles susceptibles d'interagir avec le monde matériel, quel que soit les noms par lesquels on les désigne, dieux, esprits, forces surnaturelles. Il ne dit pas « je ne sais pas » comme l'agnostique, mais plus radicalement « je suis persuadé que cela n'est pas ». Le nouveau pape François en a surpris plus d'un, même parmi les catholiques, en rappelant qu'il fallait croire, non seulement en Dieu, mais au Diable. L'athée ne refuse pas d'admettre que certains actes relèvent de ce que la morale commune considère comme le Bien, et certains autres de ce qu'elle considère comme le Mal. Mais il a depuis longtemps abandonné cette croyance venue du fond des âges selon laquelle des entités réelles, fussent-elles spirituelles, dieux ou diables, pourraient les incarner.

Ceci ne veut pas dire que l'athée ne croit à rien. Etant généralement un scientifique, ou de culture scientifique, il admet volontiers la justesse de ce qu'affirment la plupart des anthropologues, selon quoi les humains ne peuvent pas se construire et agir à l'écart de toute croyance, comme à l'écart des rituels sociaux par lesquels celles-ci se manifestent. Il s'agit sans doute du produit de contraintes cognitives qui se sont construites dès les premiers millénaires de l'hominisation, qui préexistent peut-être même au sein de certaines espèces animales. Il serait donc impensable de prétendre s'en affranchir, à titre individuel ou social. Par contre, un travail critique s'impose. L'athéisme consiste en grande partie à identifier les croyances, conscientes ou inconscientes, dont même les athées peuvent se trouver porteurs. Les analyser de façon philosophique, pour les faire entrer si possible dans la sphère de la rationalité scientifique, constitue un devoir pour tout athée. Il ne s'agit pas de croire avec la foi du charbonnier, selon l'expression, mais sue le mode raisonné, introduit en Europe par le siècle dit des Lumières..

Un tel travail relève en principe de la sociologie, c'est-à-dire de l'étude objective. Mais inévitablement, il relève aussi de l'introspection. Autrement dit, un athée conscient de l'être ne peut pas ne pas se demander à quoi il croit lui-même, et en quoi d'ailleurs ces croyances sont supérieures en qualité à celles dont il constate la présence chez les autres humains et qu'il se refuse à partager. Les réponses que les athées donnent à cet « examen de conscience », tout au moins dans les sociétés européennes, sont généralement connues. Evoquons les principales d'entre elles.

Le Je

L'athée croit d'abord en lui-même, autrement dit à l'existence d'un Je le personnifiant, lui et ses valeurs, un Je dont il s'efforce de préserver l'existence à travers les vicissitudes de l'existence. Les sciences cognitives considèrent pour la plupart que ce Je est une illusion. Mais l'athée fut-il scientifique, refuse en général de les suivre, tout au moins en ce qui le concerne.

L'amour

L'athée croit aussi à l'amour, amour d'abord pour telles personnes bien précises avec lesquelles il entretient des relations de grande intensité, Amour ensuite, au delà de ce premier cercle, pour ses proches et pour ceux constituant son environnement social familier. Il est rare (et plutôt sain) que cet amour s'étende à l'humanité toute entière, bien plus difficile à imaginer, et souvent perçue comme porteuse de menaces. On peut définir l'amour comme un attachement très fort, pouvant dans certains cas extrêmes conduire au sacrifice de son précieux Je.

Des valeurs transcendantes

Au delà d'une possibilité d'amour pour des personnes physiques, l'athée croit à des valeurs morales, intellectuelles ou esthétiques que l'on dira transcendantes, c'est-à-dire suffisamment fortes pour donner un sens à son existence toute entière. Ces valeurs ressemblent dans une certaine mesure aux valeurs religieuses, mais elles portent exclusivement sur des domaines de la vie terrestre. Les plus altruistes concernent la recherche de formes d'organisations sociales et politiques susceptibles d'être améliorées par rapport à celles aujourd'hui dominantes. Bien que matérialistes, au sens philosophique du terme (c'est-à-dire excluant la possibilité d'atteindre à un monde extra-temporel) ces valeurs sont inspirées par une quête spirituelle, du fait qu'elles impliquent la mise en oeuvre des qualités les plus éminentes des esprit, fruits des cerveaux et des corps.

La connaissance scientifique

Parmi ces valeurs, pour les athées ayant eu la chance d'acquérir une culture scientifique, se trouve la recherche d'une connaissance toujours plus complète du monde. Définissons celle-ci comme la capacité de construire des représentations ou modèles de l'univers qui d'une part aient une portée intersubjective (partageable par des communautés de chercheurs) et qui d'autre part résistent à l'épreuve de l'expérience. Ces deux propriétés suffiront pour leur conférer une valeur de vérité, vérité non pas en soi, absolue et indiscutable, mais vérité toujours relative, vérité par conséquent toujours évolutive, en fonction de l'avancement des instruments et des contenus cérébraux.

Le point par lequel cette conception de la recherche scientifique diffère profondément d'une croyance religieuse est que l'athée (en général) ne lui fixe pas de limites a priori. Autrement dit il croit que de telles recherches peuvent en principe aboutir à des descriptions toujours plus étendues de l'univers, d'une part, à des constructions toujours plus renouvelées et plus ambitieuses de modèles d'univers, d'autre part. Ces modèles seront constituées de composantes physiques et biologico-anthropologiques de plus en plus intriquées. C'est ainsi que l'athée de formation scientifique n'exclut pas la possibilité de découvrir à terme, dans la galaxie ou au-delà, des formes de vie et de conscience encore inconnues.

On voit que ces croyances, ancrées solidement dans le travail de la science, sont autrement plus exaltantes que celles imposées par les religions, notamment celles dites du Livre. Pour elles, tout a déjà été dit par des Ecritures inspirées d'une relation avec ce qu'elles appellent Dieu. S'en éloigner relève du sacrilège ou pire de la profanation, pouvant mériter la mort. L'athée n'envie pas aux croyants de ces religions les certitudes morales qu'ils en tirent, d'autant plus qu'elles s'accompagnent de la peur incessante du blasphème.

18/03/2013
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Profondément athée
26/03/2013 23:59:03 | Par : wykaaa
Je suis, il me semble, profondément athée en ce sens que je ne comprends même pas pourquoi le concept de religion existe. Je n'ai jamais eu besoin de "croire" et la seule réponse que je puisse donner à cet "examen de conscience" (je n'aime pas cette désignation car elle suppose d'avoir fourni un "effort", ce qui n'est pas mon cas) c'est la connaissance scientifique. Je plains effectivement les croyants qui doivent se conformer sans cesse à des "règles" afin de "faire plaisir" à leur dieu. Les religions maintiennent leurs disciples dans l'ignorance en faisant semblant de leur apporter la "Connaissance" car il est bien plus facile de diriger des ignorants que des êtres sachant faire preuve d'une autonomie de raisonnement et qui savent se distancier par rapports aux événements. Mon sentiment c'est que l'humanité ne sera adulte que le jour où elle ne se souviendra plus de ce qu'est la religion. Hélas, je crains fort qu'elle disparaisse avant qu'elle n'y parvienne.

"Nour Al Akl", l'esprit éclairé
02/04/2013 19:24:51 | Par : Crab2 Crab
"Nour Al Akl", l'esprit éclairé

Les arabes incroyants sont plus nombreux que vous l'imaginez – surtout parmi les femmes

Au commencement son spectacle fut
« Ceux que leur foi a dénué de tout humour quant au sujet religieux ont intérêt à quitter la salle tant qu'il en est encore temps ! »
« Je suis athée, dit-elle, d'origine musulmane, mon mari est protestant, et alors ? On nous impose des religions mais, nous, on a le droit de choisir ! » Sophia Aram

Notes :
Sophia Aram, qui avoue être « à l'Islam ce que Ferrero Rocher est à la diplomatie », campe des personnages terriblement drôles.
Du jardin d'Éden à la multiplication des pains, en passant par le buisson-ardent de Moïse, elle pointe ce que les hommes ont fait de ces croyances pour justifier leur domination… sur les femmes notamment
La circoncision, la virginité, les pratiques religieuses sont l'occasion de situations cocasses qui trahissent l'absurdité de ce qu'on inculque aux enfants depuis leur naissance et chaque religion en prend pour son grade.
Convaincue que la religion est d'abord une tragédie pour l'humanité, Sophia Aram en a fait un très bon sujet de spectacle comique. Pour l'humoriste formée à l'école de l'improvisation, « dieu » ne peut pas s'écrire avec une majuscule
Suite :
http://laicite-moderne.blogspot.fr/2013/04/demagogue-1er.html

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