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Ne pas sortir de l'Union européenne mais la violer

Jean Luc Mélenchon, dans l'émission C.Politique de France 5, le 17 mars au soir, a fait une rentrée très remarquée. Après plusieurs semaines de relatif silence, comme si l'accumulation des reproches légitimes qu'il pouvait faire au gouvernement le laissait sans voix, le succès de Beppe Grillo en Italie semble lui avoir rappelé qu'il pouvait et devait être en France celui qui refuserait le Système, quoiqu'il puisse en advenir.

La révolution populaire dont il a résumé les grandes lignes n'a rien en fait de révolutionnaire, sauf qu'elle refuse radicalement l'atlantisme néolibéral qui plus que jamais domine les institutions européennes et les gouvernements. Elle reprend les mesures de bon sens dont nous avons depuis plusieurs mois fait ici une liste: - mobiliser les épargnes et les ressources nationales pour investir dans des activités industrielles et technologiques créatrices d'emplois dont la France a le plus grand besoin – ne pas se préoccuper ce faisant d'équilibres budgétaires à court terme ne correspondant à aucune nécessité en soi si le déficit est la condition de la relance – engager à fond l'appareil de l'Etat et des régions dans les politiques d'investissement correspondantes – mépriser a priori les menaces de rétorsion pouvant venir des intérêts français ou étrangers que ces politiques pourraient gêner.

Mais le caractère vraiment nouveau dans de telles propositions, ce que nous mêmes il y a quelques mois encore, en européistes convaincus n'osions pas recommander, consiste à demander que la France seule – François Hollande en l'espèce – les mette en oeuvre. Sans doute la France alors serait-elle vite rejoindre par les Pays dits du Club Med, qui trouveraient enfin en elle le chef de file dont ils ont besoin. Mais sans doute aussi l'Allemagne, la Commission européenne et derrière eux tous les promoteurs du grand espace transatlantique de libre échange, recevraient cela comme une déclaration de guerre.

Et alors? Que pourraient -ils faire? Exclure la France et les pays méditerranéens de l'Union européenne? Prendre des mesures de rétorsions économiques? Ce seraient là des formes de suicide que ni Berlin ni Bruxelles, ni même Washington ne pourraient se résoudre à mettre en oeuvre. En fait, il ne se passerait rien. La France et ses alliées pourraient enfin obtenir la négociation d'un nouveau traité européen bien plus favorables aux forces créatrices du continent.

Vis-à-vis de Françaois Hollande, le discours de Jean-Luc Mélenchon et de ceux qui partagent ces vues serait simple. Il ne s'agirait pas de sortir de l'Union européenne mais de la violer. Ceci au nom des peuples qui refusent l'exploitation par les oligarchies financières et le FMI. Même si cette sorte de révolution échouait à ébranler durablement le système mondial de domination, elle serait préférable à la résignation moutonnière qui accable dorénavant les jeunesses européennes.

Quant à violer l'Europe, François Hollande, le grand stratège, ne s'en préoccupe guère, dans un domaine bien particulier. Avec son complice britannique,il se prépare à donner des armes anti-aériennes aux islamistes, alors que l'Europe toute entière le refuse encore. Lorsque nos Rafales et nos Airbus seront abattus, il sera bien temps de se plaindre à l'Elysée.

17/03/2013
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Mélenchon et l'islam
18/03/2013 10:13:10 | Par : François
De Mélenchon, j'ai surtout retenu sa soumission à l'islam de combat. Espère-t-il récupérer le vote des banlieues musulmanisées?
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