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De l'Italie ou de la Grèce, qui donnera l'exemple de la résistance?

De la résistance à quoi, direz-vous? Résistance à la destruction de sociétés et d'Etats européens par les intérêts financiers mondialisés trouvant au sein des institutions de Bruxelles et d'un certain nombre de gouvernements européens leurs meilleurs relais.

 

Parler de destruction n'a rien d'exagéré. Concernant la Grèce, les grands médias français font un silence coupable sur les véritables exactions qui accablent dorénavant le petit peuple grec. Il faut aller visiter la presse en ligne dite alternative pour s'en rendre compte. Par exemple l'article intitulé « Grèce et mine d'or » qui relate les assauts de la police et d'unités dite anti-terroristes dans le village de Ierissos. Il s'agit d'éradiquer les justes résistances d'une population contre une exploitation spéculative dont les conséquences catastrophiques seront énormes. C'est un exemple parmi d'autres des bradages scandaleux, au profit d'intérêts étrangers, sous prétexte de privatisation, de tout ce qui faisait la richesse du patrimoine grec. Voir aussi sur ce sujet « Eldorado, non merci » dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. 

Des évènements comme cela, souvent plus mineures mais tout aussi effrayants, se trouvent rapportés sur le blog Greek Crisis de l'anthropologue Panagiotis Gregoriou, qui publie en grec et en français http://www.greek-crisis.gr/ Il existe d'autres blogs, en grec et en anglais, que l'on trouve facilement via les moteurs de recherche, mais dont personne ne parle vraiment en France, comme si ce qui advient à la Grèce ne pourrait pas nous toucher à notre tour. Que les Grecs se rassurent. Ils ne sont pas seuls à être oubliés. Les manifestations anti-austérité qui se sont produites récemment à Lisbonne n'ont bénéficié que d'échos a minima. Citons cependant Euronews http://fr.euronews.com/nocomment/2013/03/03/manifestation-anti-austerite-a-lisbonne/

L'Italie

L'Italie pose un problème bien plus grave. Bien plus grave non seulement pour l'Italie mais pour la France, dont la situation n'est pas si solide qu'elle puisse espérer ne pas être contaminée par ce qui surviendrait en Italie. Une « histoire tragique » pour reprendre les termes de Philippe Grasset dans un article récent auquel nous renvoyons (voir http://www.dedefensa.org/article-la_trag_die_de_la_tension_09_03_2013.html ), est en train de s'y dérouler . Contrairement à la Grèce, dont le corps électoral n'a pas été en mesure de faire émerger une opposition anti-Système solide, l'Italie a élu un nombre de représentants de Beppe Grillo suffisant pour bloquer le système parlementaire, si du moins ce mouvement persévère dans les intentions annoncées.

Contrairement à l'image qui en est donnée, ces « grillini » ne sont pas là pour tout casser, comme on le dit à Bruxelles et en France. Apparemment, ils veulent seulement refuser l'austérité, refuser la « dictature douce » des institutions européennes et celle, beaucoup moins douces des « marchés ». Leur programme, nous l'avons écrit ailleurs, est très raisonnable, y compris au plan économique. Ils accepteraient certainement l'austérité, à condition qu'elle profite à des investissements productifs nationaux valorisant les atouts de l'Italie. 1)

Mais l'histoire de l'Italie, comme le rappelle Philippe Grasset et l'analyste américain progressiste Richard Cottrel qu'il cite, a amplement montré que des forces politiques italiennes voulant s'émanciper de la domination américaine suscitent de la part des pouvoirs en place un appel aux grands moyens, c'est-à-dire à un terrorisme animé par l'organisation de sinistre mémoire Gladio, émanation directe de la CIA. D'une part Gladio est toujours, dans le cadre de l'Otan, prêt à intervenir en cas de besoin, en Italie mais aussi dans d'autres pays européens dont la France. D'autre part, les gouvernements européens en place sont désormais tout à fait capables de se passer de tels moyens. En cas de résistances un tant soit peu bloquantes de la part des électeurs ou des organisations syndicales, ils feront intervenir les moyens dits de sécurité qui prolifèrent dorénavant en Europe, notamment grâce aux réseaux électroniques. Que ne feront-ils pas pour nous imposer le Grand marché Transatlantique, comme ils avaient précédemment tentés d'imposer le calamiteux programme d'avion de combat dit F35 Joint Strike Fighter?

Dans le cas de l'Italie, les Grillini sont-ils près à affronter ce qui leur rappellera les années de plomb , avec Gladio ou l'équivalent aux commandes. Et qu'en serait-il de la France? Il nous reste, contrairement à ce qui se passe en Italie, un Etat qui bien que diminué n'est pas devenu un repaire de corrompus-corrupteurs. Nous avons un gouvernement se disant de gauche, soutenu par des électeurs certes désabusés mais qui se ressaisiraient sans doute en cas de besoin. Mais ne serait-ce pas là de vaines défenses contre des forces résolument autoritaires, décidés à faire un putsch prétendument destiné à rétablir un ordre qu'elles auraient détruit en sous-mains ?

1) Je profite de cet article pour reconnaître une erreur. J'avais un peu vite et ne connaissant pas assez la situation italienne, traité dans un précédent article (http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1047) Beppe Grillo de gugus. Je retire le terme et m'en excuse auprès de lui (à supposer qu'il ait eu le temps de parcourir notre site).

Références:
* Article Grèce et mine d'or
 
http://www.okeanews.fr/grece-et-mine-dor-assaut-de-la-police-a-ierissos-pres-de-la-foret-de-skouries/#ixzz2N40uOy8a

* Article Eldorado, non merci http://www.dna.fr/environnement/2013/03/05/l-eldorado-non-merci
09/03/2013
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