Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

L'Après Chavez: double mobilisation

On peut sans grands risques prévoir que la mort de Hugo Chavez déclenchera une double mobilisation. La première viendra des Etats-Unis.


Ceux-ci ont trop montré leurs méthodes brutales d'intervention, non seulement au Vénézuela mais dans les Etats voisins, pour laisser penser qu'ils se désintéresseront de la succession du « commandante » . Même si les discours de celui-ci contre le Système représenté par l'Amérique n'ont pas beaucoup ébranlé les assises de la domination américaine, Washington ne laissera certainement pas le successeur de Chavez, sans doute moins charismatique mais peut-être plus habile, reprendre contre le poids de l'Amérique un discours qui trouvera dans la région, crise aidant, de plus en plus d'écoutes favorables. Que pourront faire les Américains: mettre en place un système de sanctions à l'iranienne, appuyer par la force d'éventuels coups d'état militaires? Les différentes méthodes permettant d'affaiblir un régime post-Chavez reprenant voir renforçant l'hostilité de celui-ci à leur égard ne manqueront pas. Barack Obama, plus flou que jamais dans cette affaire, semble décidé à laisser les plus radicaux agir à leur guise, tant au Congrès que par le biais d'actions occultes.

A Caracas, on se prépare à mobiliser en retour. Que les Américains aient tenté ou non d'inoculer un cancer à Chavez, ou que des officiers américains aient ou non voulu fomenter un coup d'état, les successeurs de Chavez le croient. Ils se préparent à réagir contre de nouvelles interventions des Etats-Unis, cachées ou plus ouvertes. Les soutiens qu'ils trouveront dans l'Amérique centrale ne manqueront pas. Tout laisse penser que ces soutiens s'étendront au Pérou de Moralès, à l'Argentine et surtout au Brésil. Ce grand pays semble désormais décidé à ne plus laisser l'Amérique envahir ce qu'il considère comme devant rester le pré-carré des latino-américains. Rien n'exclut qu'en cas de putsch fomenté à Caracas par des « amis » des Etats-Unis, le Brésil puisse intervenir militairement.

La position que prendrait l'Europe et plus particulièrement la France dans de telles circonstances serait importante. L'Europe, pour le moment, ne semble pas sortir d'une léthargie que symbolise bien la Haute-représentante Ashton. François Hollande vient au contraire d'avoir des paroles (relativement fortes) de sympathie pour l'avenir du régime vénézuélien. Irait-il jusqu'à des soutiens plus affirmés? La gauche de la gauche en France le souhaiterait, ainsi sans doute que les Verts. Mais qui au parti socialiste et chez les électeurs se préoccupe aujourd'hui vraiment de ce que deviendra un pays si lointain?

06/03/2013
Vos réactions
Dernières réactions
Nombre de réaction(s) : 3
caracas
07/03/2013 09:32:04 | Par : p-v
Il paraît vraisemblable que chacune des diplomaties des grandes puissances, notamment des membres permanent du conseil de sécurité, seront actives.. pas seulement celle des Etats Unis.
Pour mémoire, la production du Vénézuela en 2010 avoisinnait 2,5 millions de barils/jours (onzième plus grand producteur au monde. Et surtout, selon l'OPEP, les réserves prouvées en pétrole atteindraient 296,50 milliards de barils ce qui le place à la première place mondiale devant l'Arabie saoudite.
On voit mal par exemple que la Chine soit indifférente, qui a investi à marches forcées 35 Mds$ dans des acquisitions offshore d'acteurs du domaine, en à peine 2 ans, et vient encore de se renforcer par un achat via CNOOC


La France est peu influente
07/03/2013 12:16:00 | Par : Georges
Quiconque a vécu quelque temps sur le continent américain ne peut imaginer un seul instant que la France seule puisse avoir une quelconque influence sur le régime à venir du Vénézuéla. C'est une idée qui, vue des Amériques, serait qualifiée de "provinciale" et totalement déconnectée des réalités.
J'ai fait une expérience intéressante il y a de nombreuses années. Immergé aux Etats-Unis parmi 200 stagiaires américains et 35 du reste du monde, y compris des Sud-américains, j'ai pu observer la perception de la France qu'avaient mes collègues, selon leur origine.
Pour les Nord-américains, j'étais le représentant d'un pays moyen-petit dont ils reconnaissaient le rayonnement culturel, le ptrimoine architectural et même une certaine capacité de perturber et de déranger temporairement les relations internationales. Mes camarades allemand, suisse ou israelien leur paraissaient venir d'un pays plus développé et plus "moderne" que le mien.
Pour les Sud-américains, la perception était un peu différente en ce sens qu'ils considéraient la France comme un grand pays sur le plan des idées. Mais dès qu'il s'agissait de relations internationales, nous n'existions plus beaucoup.
Vue des Amériques, la France n'est qu'une part de l'Europe dont ils peinent à distinguer avec précision les frontières internes et où l'Allemagne leur paraît beaucoup plus importante, because the economy, mais pas seulement. Alors de temps en temps, à l'occasion de Kolwesi, du Mali...,ils se disent: tiens, les Français sont capables de faire des choses...et puis ils oublient.
Mais croire que la France seule puisse avoir une influence sur le régime d'un pays d'Amérique latine déclencherait une franche hilarité apitoyée. L'Europe, oui, si elle existait politiquement, diplomatiquement et militairement.

Un bel hommage
12/03/2013 17:10:41 | Par : JP. Baquiast
François Asselineau rend dans cet article un bel hommage à Hugo Chavez. On aurait aimé en effet entendre dans la bouche de Hollande ne fut-ce que le dixième de ces propos http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-venezuela-avant-et-apres-hugo-132129
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire