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Europe: le blocage

Quand un pays comme l'Italie, qui représente environ 1/5 de l'Union européenne, vote comme elle l'a fait hier, cela pose un problème à toute l'Union. Pas seulement à l'Union européenne en tant que telle mais à des pays comme la France et l'Allemagne, qui jusqu'à ce jour continuent à vouloir jouer la carte européenne.


 En Italie, deux partis – si l'on peut parler de partis – ont capté près de la moitié sinon plus des votes. Ils sont dirigés par ce qu'il faut bien appeler deux gugusses (tant pis pour la prudence diplomatique) et ne proposent radicalement rien que l'éclatement de ce qu'ils nomment le système. Les électeurs, apparemment, soutiennent ce projet. Peut-être, mis au pied du mur, n'iraient-ils pas jusqu'au bout. Mais pour le moment les faits sont là. Ils sont effectivement, compte tenu du jeu démocratique, en état de bloquer le système, en Italie d'abord mais par répercussion au niveau de toute l'Europe. De plus, ils offrent un modèle que les citoyens dans d'autres pays ne manqueront pas de suivre. Peut-être pas tout de suite en Allemagne, mais sans doute très vite en France, vu le mur dans lequel est en train de se précipiter le gouvernement Hollande.

Au delà de cette volonté de blocage, que demanderaient les Italiens? Que demanderaient à leur suite les Français tentés par un tel rejet? D'abord le refus de la rigueur, des économies pesant toujours sur les mêmes, sans espoir d'investissement et de reprise. Ensuite le refus d'une Europe qui faute de réglementations adéquates, est devenue une vaste foire d'empoigne pour les entreprises multinationales (et les maffias) rejetant  la fiscalité et le partage des charges.

Ces électeurs se posent inévitablement la question de savoir ce qui se passerait si l'Italie et d'autres grands pays refusaient effectivement la rigueur et des institutions européennes jugées de plus en plus oppressives, au profit de quelques uns seulement. Un désordre généralisé en résulterait, l'ordre social actuel serait bouleversé. Les contestataires le souhaitent sans doute, espérant pouvoir individuellement tirer leur épingle du jeu. Il est certain cependant que si de telles situations de désordre s'installaient durablement, ce seraient les plus puissants – les plus maffieux – qui l'emporteraient. Au plan politique, ceci se traduirait par l'arrivée d'une dictature à la Mussolini, qui n'avait en rien servi les classes pauvres du temps de l'Italie fasciste. Une dictature d'extrême gauche, comme certains électeurs pourraient l'espérer, ne feraient pas mieux, que ce soit en Italie ou en France.

Les électeurs plus raisonnables, plus réalistes, parmi lesquels nous souhaitons ici nous placer, pourraient espérer que du blocage, du refus de l'ordre social et politique actuel, tant au niveau des Etats européens que de l'Union européenne, pourraient surgir de nouvelles générations de leaders qui proposeraient enfin un discours constructif susceptible de contrebalancer dans les opinions le désordre prôné par les gugusses actuels. Les solutions, pour nous seraient claires: refus d'un capitalisme financier et d'un libéralisme institutionnel qui rendent impossibles tout investissement productif en Europe même, et donc toute croissance centrée sur les ressources européennes - refus d'institutions qui empêchent faute de fédéralisme la concrétisation d'un sentiment pourtant très présent parmi les populations, celui d'appartenir à une civilisation commune, la civilisation européenne.

Si ces solutions pouvaient émerger à partir du blocage et du désordre en train de s'installer en Europe, alors ce ne serait que demi- mal. Mais l'espérer n'est-il pas rêver le bec en l'air?

PS: Ajoutons qu'il faudrait absolument rejeter le grand marché transatlantique dans lequel les intérêts "atlantiques" sont en train d'embarquer l'Europe, avec le consensus béat de la Commission européenne

26/02/2013
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