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Faut-il envisager un effondrement du dollar?

Les puissances du G20, réuni le 23 février à Moscou, ont confirmé leur engagement de laisser les marchés fixer seuls les taux de changes afin d'écarter les craintes d'une "guerre des monnaies".

 Autrement dit, ils confirment leur volonté d'éviter que certains Etats ne se livrent à des dévaluations compétitives destinées à améliorer leurs balances commerciales, au moment où le Japon est suspecté de vouloir faire baiser artificiellement le yen. Ceci aussi alors que, depuis de nombreux mois, notamment en Europe, divers responsables reprochent aussi bien à la Chine qu'aux Etats-Unis de maintenir artificiellement leur monnaie nationale, le renminbi et le dollar, dans un rapport avec l'euro inférieur à ce qu'il devrait être si les marchés définissaient spontanément les taux de change.

La déclaration du G20 sera cependant reçue plus comme un voeu pieu qu'impliquant en quelque façon un changement de politique de la part des gouvernements ou de leur banques centrales qui jouent la dévaluation de leur monnaie. Les rapports entre monnaies ne changeront pas brutalement, ce qui continuera à favoriser la compétitivité extérieure de la Chine et des Etats-Unis.

Concernant ce dernier pays cependant, divers experts pronostiquent de plus en plus l'éventualité d'un véritable effondrement du dollar, dont les effets se répercuteraient d'une façon peu prévisible sur l'ensemble des économies mondiales. Parmi ces experts se trouvent les membres du Think tank LEAP/Europe 2020 dans un numéro 72 du Global Europe Anticipation Bulletin dont nous donnons ci-dessous la référence. Nous avons tendance pour notre part à suivre leur travaux avec attention. Leurs prévisions se sont révélées dans le passé relativement justes. D'autre part ils militent en dehors des sentiers battus imposés par une pensée correcte économique largement importée de Wall Street. Ils se disent ainsi convaincus de la force potentielle de l'Union européenne et de la nécessité par ailleurs d'un plus grand rapprochement entre l'Europe et les pays du BRICS, notamment la Russie.

Or dans le n° précité les prévisionnistes du GEAB envisagent une crise du dollar devant culminer au début de l'été 2013. Les raisons en seront d'une part la poursuite des désaccords politiques entre la Maison Blanche, les Démocrates et les Républicains concernant l'ampleur de la dette et les mesures d'économies à décider, d'autre part l'aggravation des causes poussant à la diminution du produit national (US GDP) dans les prochains mois. Cette baisse, déjà amorcée discrètement depuis 2012, devrait selon eux se poursuivre et s'amplifier, les éléments favorables à une relance apparaissant aujourd'hui fragilisés par des difficultés occasionnelles (événement climatiques) ou plus durables.

Ceci ne suffirait pas cependant à provoquer un effondrement du dollar. Plus inquiétantes sont les manœuvres engagées par de grands investisseurs internationaux ou américains eux-mêmes pour se garantir contre un tel événement. Ainsi la Federal Deposit Insurance Corporation a annoncé début 2013 ne plus garantir les dépôts au delà d'un plafond de $250,000, laissant ainsi 1,400 milliards de dollars hors découvert. Ceci ne peut que pousser les détenteurs de bons du trésor américains, notamment la Chine et la Russie, à rechercher une solution permettant de répartir leurs créances sur un bouquet de devises plutôt que sur le seul dollar. On peut imaginer cependant que si ces efforts se concrétisaient, une panique saisirait l'ensemble des titulaires de créances en dollar, entrainant le crash de ce dernier.

Qu'en seraient les conséquences? Beaucoup de pays, notamment la Chine, les pétro-monarchies et l'Europe elle-même, verraient certainement cet événement comme une spoliation. Mais les Etats-unis pourraient peut-être s'en féliciter, leur dette extérieure se trouvant annulée d'un coup. Cependant il en résulterait une situation générale de crise mondiale qui n'améliorerait en aucune façon la situation des pays n'ayant pas une économie et subséquemment une balance commerciale solide, reposant sur la production de biens compétitifs au plan national et international.

Ceux qui en Europe affirment la nécessité de ne pas trop se préoccuper de la dette mais plutôt d'investir dans l'économie réelle, en faveur notamment de la recherche et l'industrie, devraient se trouver confortés dans leur diagnostic.

Source
GEAB N° 72: http://www.leap2020.eu/GEAB-N-72-is-available-Global-systemic-crisis-Second-half-of-2013-The-reality-or-the-anticipation-of-the-Dollar_a13384.html


21/02/2013
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Nombre de réaction(s) : 1
Le dollar sera toujours le dollar
22/02/2013 15:22:11 | Par : Joseph Leddet
Je pense que le marché des changes est trop gros pour être prévisible d'une manière fiable, et que par ailleurs le dollar sera toujours le dollar, c'est-à-dire pas rien.
Au fait, à quel seuil se situe pour ces prévisionnistes l' effondrement du dollar? Si c'est à 1.60, on l'a déjà vu; si c'est à 2 ou 3, cela me paraît difficile à atteindre; et puis ce n'est pas parce qu'une banque américaine fait faillite que le dollar doit s'écrouler; cela n'a même absolument rien à voir...

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