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L'Europe, l'Espace, la Lune et Mars

Valérie Pécresse, ministre français de la recherche et de l'enseignement supérieur, a réuni du 20 au 22 juillet 2008 ses homologues européens chargé de l'Espace à Kourou. L'objectif, dans le cadre de la présidence française, était selon la ministre de « créer une conscience spatiale européenne », « mettre l'Espace au service des citoyens » et finalement « remettre la politique au coeur des affaires spatiales européennes ». Mais les puissances spatiales non européennes n'attendent pas l'Europe pour avancer

Source AFP : Quinze ministres et secrétaires d'Etat se sont réunis à l'initiative de la France du 20 au 22 juillet 2008  au Centre spatial guyanais, base de lancement européenne des fusées Ariane et à partir de fin 2009 des Soyouz russes, pour donner un contenu à l'Europe de l'espace voulue par le Traité de Lisbonne.
Les ministres sont convenus de la nécessité de trouver un financement stable et pérenne au programme d'observation de l'environnement et de sécurité GMES, pour que l'Europe  ne soit pas dépendante des Etats-Unis dans ce domaine tès important.
Les Européens veulent aussi éviter les errements du système de navigation par satellites Galileo, concurrent du GPS américain actuellement en construction qui a eu le plus grand mal à être financé.
"Nous devons tirer les leçons de Galileo. L'une d'entre elles est que le programme GMES exige une direction politique forte et durable", a déclaré à Kourou le commissaire européen à l'industrie et vice-président de la Commission Günter Verheugen.
Il a indiqué que la Commission européenne présenterait avant la fin de l'année un document sur l'organisation du programme GMES, dont les données seront, pour leur partie civile, mises à la disposition du public. Elles pourront notamment être utilisées par des pays africains menacés par les conséquences du changement climatique.
"Nous avons besoin d'un budget dédié aux activités spatiales au-delà de 2013", a également déclaré M. Verheugen qui a précisé que cela impliquait à ses yeux "une augmentation de l'enveloppe" budgétaire consacrée à ce secteur.
Concernant les vols habités vers la Lune ou Mars, "tout programme d'exploration devra se faire dans le cadre d'un programme mondial ouvert à tous", selon le communiqué français.
La ministre française a indiqué que la France et l'Allemagne, notamment, s'étaient retrouvées sur une position commune sur ce point. Pour autant, l'Europe ne veut pas fermer la porte à ces missions. "Nous devons continuer à examiner comment l'Europe participera à l'exploration spatiale", a affirmé le vice-président de la Commission.
M. Verheugen a estimé qu'"il y a un consensus autour du fait que l'espace est politiquement important pour l'Europe en tant que catalyseur pour une meilleure intégration" et aussi en tant que "moteur pour de nouvelles technologies".
Valérie Pécresse s'est réjouie qu'"un certain nombre d'Etats aient commencé à se poser très sérieusement la question de leur entrée dans l'Agence spatiale européenne".
Elle a mentionné la Slovaquie, la Slovénie, Chypre et Malte. La République tchèque est devenue cette année le premier ancien pays de l'Est à coopérer avec l'agence.
Sur le climat, la création d'un nouveau centre de calcul européen spécifique, proposée par la France, a été abandonnée au profit d'une coordination des institutions déjà existantes, pour "optimiser l'utilisation des données spatiales", selon un communiqué de la présidence française de l'UE.
"Nous ne voulons pas créer un nouvel institut doté d'une existence physique", a expliqué M. Verheugen

Notre commentaire

Nous considérons que les ministres européens se sont acquittés du service minimum. Aucune grande ambition, aucune vision n'a été exprimée. Le souci de tenir l'ESA à l'écart des « ambitions politiques » peut se défendre, mais se traduit par le fait que les moyens de l'Agence, déjà réduits au minimum, ne vont pas augmenter. L'absence d'un grand centre de calcul analogue à celui dont dispose les Japonais (et bien entendu les Américains), indispensable pour traiter les données et modèles provenant des satellites, ne pourra être compensée par une coopération de centres de calcul déjà saturés. Quant à la volonté de traiter les programmes d'exploration de la Lune et de Mars en coopération, si elle peut se justifier, elle n'aurait de sens pour l'Europe que si celle-ci prenait sans attendre de nouvelles initiatives qui en feraient  un partenaire de choix face à la Nasa, à la Chine et à l'Inde.

La Lune

Faut-il rappeler que d'ici 2020, une véritable course à la Lune est désormais engagée. Les premiers objectifs visent à mettre en place une série d'observatoires répartis sur toute la surface de notre satellite, y compris sa face cachée, afin d'étudier les phénomènes sismiques et géologiques susceptibles d'avoir des conséquences sur la future résidence permanente programmée par la Nasa. Il s'agira d'un véritable réseau d'observatoires dit International Lunar Network, pour lequel une série de missions sont prévues, dans la suite des Kaguya (orbiteur, Japon) et Chang'e1 (orbiteur, Chine). On prévoit aujourd'hui les missions suivantes :
- en 2008/2009, de l'ICROSS (impacteur, USA) , du Chandrayaan (orbiteur et impacteur, Inde) , du LRO (orbiteur, USA)
- en 2009/2010 du Chang'e2 (atterrisseur, Chine) et Luna Globe (atterrisseur, Russie)
- en 2011/2012 du GRAIL(Gravity Recovery and Interior Laboratory, orbiteur, USA), du LADEE (orbiteur, USA), du Chandrayaan 2 (atterrisseur, Inde)
- à partir de 2013 du MoonLITE (atterrisseur, Grande Bretagne) , du Moon Next (atterrisseur ESA) , des atterrisseurs 1 et 2 de l'International Lunar Network suivis en 2016 des atterrisseurs 3 et 4 de l'ILN;

Mars

En ce qui concerne Mars, en dehors des actions déjà envisagées mais non encore financées, on notera qu'une réunion d'un groupe intitulé International Mars Architecture for Return of Samples (iMARS) s'est tenue à Paris en juillet 2008. Le groupe projette l'envoi sur Mars vers 2018 d'une mission robotisée complexe destinée à rapporter sur Terre au moins 500 grammes d'échantillons du sol martien. Un Rover collecterait les échantillons et les renverrait sur un orbiteur lequel les ramènerait sur Terre. Aucune mission habitée ne peut être prévue sur Mars avant de telles missions préparatoires. La mission serait internationale mais avec forte prédominance américaine.
Les notes :
  • Sur iMARS, voir l'article en lien
  • Le numéro d'août 2008 de Sciences et Avenir publie (Soyouz déménage, p.8) un article intéressant sur l'arrivé à Kourou des matériels et équipes russes permettant l'utilisation de la base pour des lancements de la fusée Soyouz 2. Il s'agit d'une avancée notable pour l'Europe spatiale. Dans cet article, Jean-Yves Le Gall, PDG d'Arianespace, estime qu'avec la série des trois lanceurs Véga, Soyouz 2 et Ariane 5, ainsi qu'avec l'astroport de Kourou aménagé en conséquence, les perspectives sont très saines. D'autant plus qu'Ariane 5 et Soyouz détiennent un record de fiabilité.
  • Dans "Impasse de l'Espace. A quoi servent les astronautes? " Seuil 2008, Serge Brunier reprend une thèse bien connue: celle selon laquelle les vols humains ne servent à rien, sinon à procurer des marchés aux industriels. Pour lui, l'exploration robotique, aujourd'hui et plus encore demain, devrait suffire à satisfaire tous les besoins de connaissance, voire d'exploration et de "colonisation" que peuvent avoir les humains. Il considère qu'en dehors des lobbies industriels, ce sont les lobbies émanant des pilotes et astronautes qui maintiennent le mythe de la présence humaine obligée.
24/07/2008
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