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Faut-il renoncer au rêve européen?

La question est de plus en plus posée par les inspirateurs du présent site, pourtant européanistes convaincus, voire partisans d'un pouvoir fédéral européen fort. Le découragement est compréhensible. Le sourire satisfait qui fleurissait le 8 au soir sur les traits au demeurant peu sympathiques du premier ministre britannique en disait long. Les défenseurs d'une Europe grand marché ouverte à toutes les délocalisations et désinvestissements ont gagné, pour au moins 6 ans. Le budget européen, outil de la construction européenne, se retrouve amputé de 3%.


Cette baisse est symbolique, dira-t-on. Symbolique certes mais symbolique d'une Europe qui renonce à ses ambitions d'investissement et de croissance. La victime n'en est pas en effet l'inénarrable politique agricole commune dont les grands producteurs agricoles n'ont pas besoin alors que la demande mondiale est partout en hausse mais à laquelle le gouvernement français s'accroche par électoralisme. Les victimes en seront les budgets de recherche scientifique et de formation, les programmes structurants d'infrastructure et les moyens de la défense européenne. Déjà étiques, ils formeront nécessairement, comme l'on dit maintenant, les variables d'ajustement dans lesquels puiseront des institutions européennes de plus en plus critiquées par les libéraux pour leurs dépenses. La mauvaise humeur annoncée par le Parlement européen n'y changera rien.

Que les souverainistes ne se réjouissent pas. Ce ne seront pas les investissements des Etats nationaux qui en profiteront. Les programmes de recherche et de développement n'ont de sens aujourd'hui que conduits au niveau européen. De plus l'électoralisme régnant dans chacun des pays ne favorisera pas des actions de long terme au service de visions d'avenir. Tout au plus verra-t-on un petit supplément d'argent abonder des équipements absurdes tels que les ronds-points routiers fleuris qui se multiplient aujourd'hui. Ceci parce ce qu'ils sont les outils de la corruption rampante qui décrédibilise dans l'Europe entière les politiques d'équipement des collectivités territoriales.

Il ne faut peut-être pas renoncer au rêve européen. Mais par la force des choses les européanistes seront sans doute réduit à n'en faire que ce que ce mot implique, un rêve qui dans les meilleurs cas ne se concrétisera que pour leurs enfants et petits enfants - si dans l'intervalle l'Europe entière n'a pas disparu en tant que telle, dépecée par ceux qui s'efforcent de s'emparer de ses derniers atouts.

Il est désolant de constater qu'en France, le président Hollande ne semble pas capable de prendre acte du recul grave de l'Europe. Il a fait part devant les caméras de sa satisfaction à l'annonce de décisions contredisant directement les ambitions européennes qu'il avait avait pourtant confirmées la veille.

09/02/2013
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Nombre de réaction(s) : 1
Recul vers l'irréversible
09/02/2013 20:07:33 | Par : jean-Claude Empereur
Je rejoins ton inquiétude. Je crains que ce sommet ne soit le signe d'un grand recul vers l'irréversible.

Même si l'on n'est pas fédéraliste il y a des seuils en dessous desquels il ne faut pas tomber. Aux Etats -Unis le budget fédéral représente 13% du PIB. Si nous nous donnions pour les 10/20 prochaines années l'objectif d' un modeste 5% ,tout deviendrait possible dans les domaines stratégiques que tu évoques. Or, on va dans l'autre sens et tout le monde semble trouver cela très bien.

J'avais proposé ,il y a quelques années, que Paneurope fasse de cette progressive mais prudente montée en puissance du pourcentage du budget européen dans le PIB de l'Union, l'un de ses axes de réflexion privilégié. Proposition restée lettre morte...

Je pense que les Anglais (on le savait déjà depuis longtemps) mais maintenant les Allemands( c'est plus récent ou plutôt plus récemment affiché) considèrent que ,pour des raisons différentes, mais aujourd'hui convergentes, ils n'ont plus besoin de l'Europe...
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