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Succès de la navale européenne

Le groupe public italien Fincantieri poursuit sa politique de diversification et son expansion à l'international, s'apprêtant à devenir le géant européen de la construction navale.


 En annonçant le 21 décembre avoir conclu un accord avec STX Europe en vue de racheter les parts de ce dernier dans STX OSV, Fincantieri signe un grand succès. En réussissant à s'entendre avec le repreneur du défunt groupe norvégien Aker Yards (en 2008), le constructeur italien, qui est par ailleurs un acteur important sur le segment militaire, va devenir, et de loin, le leader européen de la navale civile. Mais, surtout, il parvient à mettre la main sur des activités lui ouvrant la porte du très profitable marché de l'offshore.(image)

Avec la reprise de STX OSV au sud-coréen STX Shipbuilding, propriétaire à 100% de STX Europe, Fincantieri comptera une fois la transaction réalisée 22 chantiers en Italie, en Norvège, en Roumanie, aux Etats-Unis, au Brésil et au Vietnam, l'ensemble employant quelques 17.000 personnes. Un véritable géant, renforcé par ses positionnements multi-marchés et multidomestiques, avec une présence sur tous les segments d'activité à forte valeur ajoutée, de la croisière aux bâtiments militaires, en passant par l'offshore et les méga-yachts. Le tout avec une emprunte géographique internationale et une capacité d'ingénierie considérable.

Quant à Saint-Nazaire, STX France constitue le « problème » de STX Europe, les Sud-coréens ayant été contraints à juste titre de céder 33.34% du capital de l'entreprise à l'Etat français, au motif que le chantier est considéré comme une activité stratégique pour le pays (c'est le seul à pouvoir construire des grands bâtiments militaires, comme des porte-avions). Même si STX Europe est majoritaire dans le capital, le gouvernement dispose d'une minorité de blocage et doit donner son aval sur toutes les décisions stratégiques, auquel s'ajoute la prérogative de la nomination du patron de STX France.

Alors que le chantier traverse une période très délicate et que l'animosité se cristallise localement contre les Coréens, accusés par les syndicats de ne pas jouer leur rôle d'actionnaires, la pérennité de STX Shipbuilding à Saint-Nazaire se pose clairement. On voit en effet de plus en plus mal quel intérêt aurait STX à demeurer en France et si la cession de ses actifs ne s'imposera pas au profit, par exemple, d'un groupe industriel français ou un repreneur international soutenu par Paris.

Ces évènements démontrent en tous cas plusieurs choses:

- l'industrie italienne, quand elle détient un bon créneau, se révèle aussi compétitive que ses concurrents asiatiques.
- le succés de l'industrie italienne est aussi un succès européen, car il bénéficie aux sites industriels de nombreux pays du continent.
- Les Etats ont un rôle plus grand que jamais à jouer dans la conservation et la relance de tels secteurs. L'Etat italien l'a fait (plus ou moins) en ce qui concerne Fincantieri. L'Etat français peine encore à le faire en ce qui concerne Saint Nazaire. Voilà qui devrait mobiliser le ministre du redressement industriel et le gouvernement tout entier.

On trouvera un dossier complet sur cette question dans Mer et Marine, à qui nous avons emprunté les informations reprises dans cette brève d'actualité.
http://www.meretmarine.com/fr/content/stx-europe-demantele-fincantieri-va-devenir-le-geant-europeen-de-la-navale

24/12/2012
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