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L'Europe va-t-elle abandonner son âme devant la finance islamique

Le premier ministre, Gordon Brown, doit prochainement annoncer un projet de loi sur la finance islamique. Issue d'une consultation, close le 21 février, entre le ministère des finances, les parlementaires et les professionnels, cette législation doit permettre le lancement d'obligations d'Etat certifiées "islamiques" ou sukuk. Nous estimons qu'il s'agit d'une initiative particulièrement dangereuse.

Si cette initiative voit le jour, le Royaume-Uni deviendrait le premier pays du G7, le club des nations les plus industrialisées, à émettre une sukuk destinée en priorité aux investisseurs moyen-orientaux et aux musulmans britanniques. En 2004, le land allemand de Saxe-Anhalt avait fait oeuvre de pionnier à l'échelon régional en émettant 100 millions d'euros d'obligations compatibles avec la charia.

Lors de son dernier budget, en mars 2007, M. Brown, alors chancelier de l'Echiquier, avait annoncé une stratégie de développement de la finance islamique pour attirer les actifs gérés conformément au Coran, une manne croissant à un rythme de quelque 15 % l'an. (source Le monde 07/03/08)

Les financiers de la City de Londres expliquent qu'ils ne sauraient se priver d'attirer les pétrodollars venant des Etats arabes, dont notre boulimie en pétrole les pourvoit en abondance. Mais ceux qui pensaient que ces pétrodollars viendraient gentiment nous aider à combler nos déficits et investir en Europe sans contreparties politiques et religieuses se trompaient. Nous avons déjà indiqué que les investissements mirifiques qui transforment actuellement l'Arabie et les Emirats en « nouveau centre économique, financier, culturel et touristique du monde », selon les prospectus,  ne seraient pas marqués, comme en Europe, par l'ouverture d'esprit. La loi islamique y régnera, avec tous ses à côtés comme la sujétion des femmes, la prohibition de la laïcité, la mise à l'écart des étrangers pauvres. Soumettre, non seulement dans le Golfe où, après tout, ils font ce qu'ils veulent, mais en Europe,  les  producteurs et consommateurs à la loi islamique en imposant des contrats « charia-compatibles » relève, de la part de nos dirigeants, d'un aveuglement dangereux. De nouveau, sous prétexte que les populations de confession musulmane sont de plus en plus nombreuses, nous verrons revenir la demande de l'archevêque de Canterbury visant à introduire la charia dans la loi britannique – pourquoi pas dans le droit européen.

Le problème avec la loi islamique, comme d'ailleurs avec toutes les religions du Livre quand elles s'estiment en position de force ou ascendante, est de vouloir combattre par la force les concurrentes et plus généralement l'athéisme et la laïcité. Ces deux philosophies sont en effet les premières à détruire, car elles sont particulièrement diaboliques. La preuve en est qu'elles font contre elles  l'unanimité des Croyants de toutes obédiences. Si l'Europe, dans sa diversité, accepte ne fut-ce que d'un iota un pas  dans cette voie, c'en sera fini d'elle.  Pour le moment, le gouvernement français ne semble pas tenté de suivre l'exemple de Gordon Brown, mais un jour sans doute, le président Sarkozy, cédant à une lubie du moment, décidera peut-être de le faire, dans le cadre de la laïcité ouverte qu'il veut imposer.

J'ajouterai que la prétendue vertu des capitalistes et financiers islamo-compatibles fera rire ceux qui connaissent la réalité des comportements. Ils sont aussi rapaces, jouisseurs et belliqueux que leurs concurrents.

PS. J'emprunte au Monde, afin qui nul n'en ignore, l'Evangile de la Finance charia-compatible

QARD : prêt sans intérêt.
GHARAR : interdiction de l'incertitude et donc de la spéculation, toute opération devant reposer sur des biens réels.
SUKUK : obligation islamique similaire à des bons d'Etat traditionnels, sauf qu'il s'agit de titres de propriété de l'actif financé permettant de bénéficier de paiements réguliers tout en recouvrant le capital investi.
MOURABALLA : opération de financement par laquelle la banque achète un bien pour un client afin de le lui revendre à un prix majoré et payable à terme. Il y a aussi le salam (financement agricole), l'istina (industrie) et l'ijiarah (location).
HARAAM : activités où l'investissement est prohibé par l'islam - produits à base de porc, pornographie, tabac, alcool, jeux d'argent, armement, services financiers conventionnels, entreprise dont l'endettement est excessif. Les valeurs de sociétés « pures » doivent respecter des ratios financiers précis, en matière d'endettement ou de revenus d'intérêt.
ZAKAT : l'aumône légale, l'une des cinq obligations rituelles. Le don annuel correspond à 2,5 % du total de la fortune.
TAKAFUL : marché de l'assurance et de la réassurance islamique proche du mutualisme - partage des risques entre sociétaires.

09/03/2008
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